
Stellantis a annoncé que son usine de Poissy, qui n’assemblera plus de voitures d’ici deux ans, se transformera en un centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules. La direction prévoit de conserver la moitié des 2.000 postes actuellement présents sur le site.
Après des mois d’attente, l’annonce a été faite ce jeudi matin aux organisations syndicales. L’usine, qui produit actuellement les DS3 et Opel Mokka, ne fermera pas ses portes mais réduira son effectif à 1.200 postes d’ici 2030, dont 1.000 ouvriers, selon les promesses de la direction. Un investissement de 100 millions d’euros est prévu pour l’achat d’une nouvelle presse d’emboutissage, qui devrait être opérationnelle fin 2025, ainsi que pour la formation des salariés en reconversion professionnelle.
Vers une reconversion industrielle
Le plan de transformation 2030 prévoit que l’ancienne ligne d’assemblage continuera à produire des pièces métalliques, à ferrer et à peindre divers éléments de véhicules comme des portières. Ces pièces seront ensuite envoyées vers d’autres sites du groupe en France, comme celui d’Hordain (Nord), spécialisé dans l’assemblage de véhicules utilitaires. De plus, l’usine de Poissy produira également des pièces de rechange.
Une nouvelle ligne de déconstruction des véhicules sera également mise en place pour valoriser les pièces réutilisables. La direction de Stellantis envisage aussi d’aménager des véhicules destinés aux artisans et aux grandes entreprises.
Cette réorientation prévisible de Poissy ne prend pas les salariés par surprise, car beaucoup redoutaient que ce site suive le même chemin que l’usine de Renault à Flins. Depuis des décennies, l’usine de Poissy a connu un important rétrécissement. En 1976, elle comptait 27.000 ouvriers et produisait 569.000 véhicules par an. En revanche, l’an dernier, seulement 1.600 ouvriers ont assemblé 90.000 véhicules.
Un défi démographique
La pyramide des âges élevée au sein de l’usine de Poissy constitue un défi supplémentaire pour la direction. La moyenne d’âge actuelle des employés atteint près de 56 ans, incitant à proposer des départs anticipés en retraite pour réduire le nombre de postes à l’horizon de 2030.
La direction de Stellantis a déjà mis en place des groupes de travail depuis mai 2025 pour explorer d’autres activités possibles après 2028. Un représentant syndical témoigne : « Je travaille à Poissy depuis 1992. Nous avons toujours suivi, avec un décalage de deux à trois ans, ce qui se passait à Flins. Si nous devions compter uniquement sur l’assemblage, notre avenir serait compromis. »
Un avenir incertain pour l’emploi
Bien que certains aient pressenti une fermeture due à l’éventuelle construction d’un nouveau stade du PSG sur les terrains de Stellantis à Poissy, il est certain que le groupe a choisi d’investir dans le « green-campus » inauguré il y a deux ans, censé abriter plus de 10.000 employés auparavant dispersés en Île-de-France. Des rénovations de bâtiments sont en cours pour accueillir les milliers de salariés, alors que la direction envisage un réajustement du télétravail.
Le plan de reconversion pour 2030 suscite des interrogations au sein des équipes, qui se demandent sur la pérennité des emplois dans un contexte de restructuration industrielle encore flou.
