Il y a une semaine, Emmanuel Macron a annoncé avec enthousiasme que le constructeur automobile Stellantis allait investir « plus d’un milliard d’euros » pour produire, à partir de 2029, une « nouvelle génération de véhicules électriques ».
Cette fois, c’est officiel : Stellantis investira dans l’installation d’une nouvelle plateforme industrielle à Mulhouse (Haut-Rhin). Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, a fait cette annonce dans l’usine où sera installé le STLA One, qui sera utilisée pour assembler trois nouveaux modèles Peugeot. Emmanuel Macron avait souligné l’importance de cet investissement en affirmant : « C’est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse », tout en veillant à ce que les dirigeants de Stellantis soient en conformité avec les obligations d’information des organisations syndicales.
Les 4 000 salariés de l’usine de Mulhouse accueillent cette nouvelle avec soulagement. Actuellement, l’usine, qui produit des Peugeot 308, 408 et DS7, fonctionne bien en-dessous de sa capacité. Au début de l’année, Laurent Gautherat, le délégué syndical CFE-CGC du site, avait exprimé son inquiétude suite à la suppression des postes d’intérimaires, entraînant une diminution de la production quotidienne de 640 à 460 véhicules. Un plan de départs volontaires a été proposé, mais les ouvriers espèrent qu’un nouveau modèle à assembler leur sera attribué.
500 millions d’euros de recherche et développement
La visite d’Antonio Filosa en Alsace et dans le Doubs, berceau de Peugeot, vise à redonner de l’énergie aux salariés déçus par un plan stratégique qui privilégie l’Amérique du Nord et cherche à remédier aux difficultés industrielles en Europe avec l’aide de groupes chinois. Le montant total des investissements annoncés, qui s’élève à environ un milliard d’euros, inclut 500 millions d’euros spécifiquement consacrés à la recherche et au développement (R&D) pour la nouvelle plateforme STLA One, le reste étant affecté à son déploiement.
Cette plateforme est conçue pour assembler des véhicules électriques et hybrides, allant du segment B, comme la Peugeot 208, à un modèle plus grand du segment D, tel que la Peugeot 5008. Elle sera installée dans plusieurs usines de Stellantis, non seulement en Europe, mais aussi aux États-Unis. La plateforme pourra être alimentée tant par un moteur électrique que par un moteur thermique, et sa production en Espagne commencera dès 2027 avec l’arrivée de la nouvelle e208.
