Le sport est-il une arme en politique ? Pourquoi les dirigeants se passionnent-ils pour le ballon, ou les exploits des athlètes ? « Le sport aujourd’hui fait partie de la société », souligne Frédérique Galametz, directrice de la rédaction déléguée de « L’Équipe », et invitée de « La Matinale », ce mardi 2 juin.
Emmanuel Macron et son épouse Brigitte rendent visite aux Bleus ce mardi 2 juin, juste avant leur départ pour les États-Unis et la Coupe du Monde. Le Mondial se tient du 11 juin au 19 juillet, et c’est le dernier d’Emmanuel Macron en tant que président français. Pour parler du lien qu’entretiennent les politiques, et en particulier les chefs d’État, avec le monde du sport, Frédérique Galametz est l’invitée de « La Matinale ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus.
Les motivations des présidents pour soutenir le sport
Jean-Baptiste Marteau : C’est devenu une tradition maintenant que les Présidents de la République, notamment Emmanuel Macron, rendent visite aux Bleus. Qu’est-ce qu’ils viennent chercher en allant voir les joueurs de l’équipe de France ? C’est un soutien, c’est de la popularité, ou juste une façon de montrer que les Français sont à leur côté ?
Frédérique Galametz : J’allais dire une bouffée d’air frais, peut-être, dans leur emploi du temps un peu chargé. En plus, là, ce sera normalement pour Emmanuel Macron sa dernière visite aux Bleus puisque l’année prochaine, il n’y a pas d’événement équipe de France de foot. Il y aura sûrement d’autres événements et il recevra peut-être d’autres sportifs médaillés durant l’été ou l’hiver avec le hand à l’Élysée. Mais en attendant, c’est sa dernière visite. Je pense qu’en plus, lui, on sait qu’il aime le sport. À L’Équipe, on le sait parce qu’il fait régulièrement des interviews chez nous et il est très connaisseur.
La politique à l’ombre du sport
Le monde de la politique et du sport est un sujet régulièrement évoqué dans les pages de L’Équipe, en particulier avec cette Coupe du Monde qui s’annonce très politique, puisque, bien sûr, Donald Trump est au centre du jeu une nouvelle fois. « Mondial Made in Trump », vous l’avez publié en Une il y a quelques jours. Une autre Une aussi, où vous parliez de ce sport à tout prix pour Donald Trump, qui mise sur le foot, mais aussi le football américain, le basket, la NBA… Pour les politiques, et notamment pour le président américain, le sport est-il central ?
De manière plus générale, le sport aujourd’hui fait partie de la société. Et d’ailleurs, à L’Équipe, nous avons suivi où va le sport, où nous devons aller. Effectivement, la politique est devenue un élément important, d’autant que de plus en plus de sportifs, et pas seulement les footballeurs, se soucient aussi de cela, s’engagent, un peu comme des citoyens. Et donc, c’est plutôt intéressant de suivre ça.
Des souvenirs indélébiles
Jacques Chirac, la Coupe du Monde, les images au milieu de l’Élysée en 1998… Ce sont ces images que tout le monde a en tête ?
Jean-Sébastien Fernandes : À un moment ou un autre, ils se rapprochent du sport pour tenter de gagner en popularité. Après, cela peut parfois être contre-productif, il y a du plus, il y a du moins. Le plus, dont je me souviens, c’est Emmanuel Macron à la Coupe du Monde 2018, avec cette photo qui a fait le tour du monde, où il est dans la tribune présidentielle, au moment où la France remporte le titre. Ça, c’est le plus. Le moins, à la finale de la Coupe de France, c’est ce Nice-Lens au Stade de France, où, effectivement, quand il descend sur la pelouse, il se fait copieusement siffler par une grande majorité des spectateurs présents. La diffusion, le réalisateur ne l’a pas forcément montrée, mais sur les réseaux sociaux, l’impact a été catastrophique. Donc, il faut vraiment faire attention. C’est vrai qu’aujourd’hui, il n’est pas en danger à Clairefontaine.
Les deux ou trois dernières années, il n’était pas descendu, d’ailleurs. Il saluait les joueurs dans le couloir du vestiaire au Stade de France. Là, il a assumé de descendre.
Une décision pleine de sens ?
Pourquoi il est descendu cette année, à votre avis ?
Je ne sais pas, franchement, je ne peux pas vous répondre. Peut-être aussi parce que la population du stade était lensoise et qu’il y avait un côté très chaleureux, très populaire. Après, on ne sait jamais, on n’est pas dans leur cerveau, vous savez sûrement mieux que moi. Parfois, ils ont aussi des coups de com ou des idées de communication que d’aucuns leur mettent en tête et ils se disent : « On va faire comme ça ». Mais je pense qu’aujourd’hui, il est habitué à être sifflé.
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