Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, les tensions n’ont cessé de monter entre le président et son charismatique Premier ministre, Ousmane Sonko, dont l’influence considérable avait contribué à porter le duo au pouvoir. Ce conflit a culminé avec le limogeage de Sonko, ancien compagnon de lutte, le 22 mai 2026.
Un tournant décisif
/2026/05/23/6a11463f3bb0e095910130.jpg)
Ce limogeage, conséquence de mois de tensions, a été annoncé dans une déclaration télévisée par le secrétaire général de la présidence. Le président a déclaré avoir « mis fin aux fonctions de monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, et par conséquent à celles des ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement. » Il a précisé que « les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes. »
Des tensions croissantes
Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, les relations entre le président et Sonko, son ancien mentor, se sont détériorées. Ce dernier, un farouche opposant au président Macky Sall (2012-2024), avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 à cause d’une condamnation pour diffamation, entraînant la perte de ses droits civiques. Il avait alors désigné Faye pour le remplacer dans la course.
En mai 2026, le président a critiqué la « personnalisation excessive » de Sonko au sein du parti au pouvoir, déclarant dans une interview télévisée : « Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre. » Cette tension a marqué un tournant décisif dans leur relation.
Réactions et conséquences
Suite à cette annonce, Ousmane Sonko a réagi sur son compte Facebook : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui, » un quartier de Dakar où il réside. Ce commentaire souligne la profonde division entre le président et son ancien premier ministre, ainsi que les implications politiques et sociales de leur rupture.
La séparation entre ces deux figures politiques, arrivées au pouvoir en avril 2024 dans un contexte d’immense espoir populaire, représente une étape critique pour le Sénégal. La situation politique demeure instable, et l’absence de précisions sur la nomination d’un nouveau Premier ministre laisse présager des incertitudes pour l’avenir du gouvernement.
