L’attaquante phare d’OL Lyonnes, Ada Hegerberg, va disputer sa huitième finale de Ligue des champions à Oslo, dans son pays natal. Ce moment s’annonce comme un point culminant dans sa carrière, une véritable célébration de son parcours exceptionnel dans le football féminin.
Publié , cet article explore les enjeux et les émotions liés à cette finale tant attendue.
Temps de lecture : 3 min
/2026/05/04/69f8a4bf20685454975246.jpg)
Un déplacement au sommet, forcément spécial pour une reine du football. Avec son club d’OL Lyonnes, Ada Hegerberg va disputer, samedi 23 avril, la finale de la Ligue des champions face à Barcelone, au Ullevaal Stadion d’Oslo. Un retour pour elle, là où tout a commencé, dans le pays qui a eu un impact énorme sur sa carrière de footballeuse, quatorze ans après l’avoir quittée, étant à peine majeure et déjà entourée de grandes attentes.
Après la qualification pour la finale, acquise dans les dernières minutes d’une double confrontation très disputée face aux championnes en titre d’Arsenal, la Norvégienne avait laissé éclater sa joie, émue aux larmes sur la pelouse du Groupama Stadium : « C’est particulier, c’est à la maison en Norvège, c’est quelque chose de spécial, » disait-elle au micro de La Chaîne L’Équipe. « Tu joues toute une carrière et là, tu as l’occasion de jouer une finale chez toi, devant ton public. J’y croyais, je savais qu’on avait les qualités pour, mais pour y arriver c’est dur. »
Y être aujourd’hui, aller jouer une nouvelle finale, c’est énorme, et le faire en Norvège, c’est encore plus énorme.
Face à la presse dans les entrailles de l’enceinte, elle s’était à nouveau épanchée sur sa joie à l’idée de jouer un match à ce niveau à domicile : « Je n’aurais jamais cru que j’allais jouer une finale de Ligue des champions en Norvège. C’est un petit pays, ce n’est pas forcément celui qui accueille des finales de Ligue des champions, mais c’est le cas cette année. Pour moi, c’est grandiose de revenir avec cette belle équipe, de montrer au public en Norvège ce qu’on est capable de faire. C’est une sensation spéciale. » Nul doute qu’ils seront nombreux à garnir les tribunes pour son retour au pays, elle qui a passé deux ans à peine dans le championnat local (2010-2012) avant de partir en Allemagne, puis à Lyon.
Pour le football norvégien, l’Ullevaal Stadion représente d’abord le rêve et les exploits des équipes nationales, qui y évoluent depuis presque un siècle pour les hommes, et ces dernières années pour les femmes. Une sélection avec laquelle la native de Sunndalsora, à presque 500 kilomètres au nord-ouest de la capitale, a entretenu une histoire mouvementée. Repérée et convoquée à 15 ans seulement après une première saison étincelante en Toppserien, la première division, avec Kolbotn, elle a d’abord été la pépite d’une équipe en reconstruction au début des années 2010, après avoir dominé les débuts du football européen.
/2026/05/13/6a04351bd5725464349267.jpg)
Mais elle a aussi été celle qui a choisi de mettre sa carrière internationale en pause, alors au sommet de sa forme, dans l’espoir de provoquer des changements sur les disparités de traitement entre les hommes et les femmes en sélection. À la fin de l’été 2017, après un Euro catastrophique marqué par trois défaites en phase de poules, elle annonce se retirer de l’équipe nationale. « Je ne pouvais pas continuer au plus haut niveau dans un système où je me sentais mal. » Son absence durera presque cinq ans, jusqu’à son retour au printemps 2022, quelques mois avant l’Euro en Angleterre. Elle récupérera même le brassard à partir de 2025.
Chez elle, Ada Hegerberg a l’occasion d’écrire un nouveau chapitre de la riche histoire qui la lie avec l’OL, le club de sa vie. Arrivée sur les bords du Rhône à l’été 2014 avant même ses 20 ans, elle a remporté six des huit Ligues des champions au palmarès des Lyonnaises, devenant au passage la meilleure buteuse de l’histoire de la compétition avec 69 buts.
À 30 ans, elle est encore une pièce maîtresse du dispositif lyonnais sur la scène européenne, dans une saison marquée par la première édition de la nouvelle mouture de la compétition. Hegerberg a démarré neuf des dix matchs de C1 disputés par les Lyonnes depuis le mois d’octobre, marquant trois buts et obtenant un titre de joueuse du match lors de la phase de ligue face à Wolfsburg. Peut-être moins décisive avec seulement trois buts pour l’instant, son deuxième total le plus faible sur une saison sans blessure sérieuse depuis dix ans, mais elle demeure précieuse pour fixer les défenses et apporter de la puissance dans la surface. Il faudra toute son expérience face à Barcelone, qui reste sur cinq finales consécutives, pour deux titres (2023, 2024), afin de ramener la coupe à la maison, dans tous les sens du terme.
