Les 400 résidents d’un foyer Adoma à Saint-Denis sont préoccupés par la démolition imminente de leur résidence, où ils vivent depuis des années. Un nouveau bâtiment est prévu, mais tous ne pourront pas y être relogés.
Un projet de démolition et de reconstruction
Des banderoles ont été accrochées sur la façade du bâtiment en guise de protestation contre cette situation inacceptable. Dans ce foyer social, vieux de 50 ans, un important chantier doit démolir le lieu, jugé insalubre, pour en construire un nouveau. Toutefois, la nouvelle structure ne proposera que 150 logements, tandis que les autres résidents devront être relogés à quelques kilomètres de distance.
Les craintes des résidents
Les résidents, inquiets pour leur avenir, se sont mobilisés pour faire entendre leur voix. Bademou Coulibaly, vice-président du collectif des résidents, a déclaré : « Ce sont des gens qui travaillent dignement, honnêtement. Pourquoi ne veulent-ils pas reloger l’ensemble des résidents qui vivent ici depuis des années ? Pour quelles raisons ils ne veulent pas les reloger ? C’est pourquoi on a décidé de faire le blocage. Si on n’est pas relogé, on ne bougera pas d’ici« .
Conditions de vie précaires
Les conditions de vie dans le foyer sont critiques. Les chambres de 7 m², peu équipées, sont louées à 350 euros par mois, et des problèmes tels que les moisissures et l’humidité rendent les parties communes insalubres. Ces problèmes rendent la démolition urgente, mais la solution proposée par Adoma ne semble pas rassurante pour les résidents.
Réponse de la direction d’Adoma
Myriam Berghout, directrice régionale des foyers Adoma, a exprimé la compréhension de la direction face à l’inquiétude des résidents. Elle a affirmé que tous retrouveront un logement, ici ou ailleurs : « Certaines personnes vivent ici depuis 40 ans. Ils ont pris des habitudes de vie et tout changement suscite bien évidemment des inquiétudes. C’est pour cette raison que la maîtrise d’œuvres urbaines et sociales d’Adoma les accompagne tout au long de ce parcours pour essayer de lever ces difficultés« .
Une solution à long terme
La nouvelle résidence sociale, qui devrait comporter des salles de bains et cuisines individuelles, devrait voir le jour dans trois ans. En attendant, l’incertitude plane sur l’avenir des 400 résidents actuels.
Récit de Yannick le Gall.
