Pour répondre aux 40 000 postes à pourvoir d’ici 2035 sur l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, Aéroport de Paris (ADP) et France Travail lancent un dispositif de recrutements, avec des immersions professionnelles et des formations ciblées.
Objectif de recrutement massif
Marwan Chamakhi, adjoint au maire en charge du développement économique à Goussainville, souligne : « Nous espérons que les débouchés seront accrus. » Face à un besoin massif de recrutement et à un « manque de main-d’œuvre qualifiée », selon le consultant aérien Bruno Vandenbroucke, les acteurs de la plateforme de Roissy-Charles de Gaulle cherchent à changer leur méthode de recrutement.
Pour Roissy-CDG spécifiquement, 40 000 postes seront à pourvoir d’ici 2035, dont 10 000 créations et 30 000 renouvellements. Ce besoin se justifie par les départs en retraite de salariés et l’arrivée de nouveaux métiers liés à « la digitalisation, les nouvelles énergies et les systèmes informatiques. »
Partenariat stratégique
Pour répondre à cette demande, le Groupe Aéroport de Paris, France Travail, des entreprises de la communauté aéroportuaire et l’État se sont associés dans un dispositif lancé en janvier 2026, proposant des immersions professionnelles et des recrutements simplifiés au bénéfice des entreprises et des demandeurs d’emplois locaux.
L’objectif est d’offrir pas moins de 1 500 immersions professionnelles d’une durée d’un à trente jours, ainsi que des formations organisées par France Travail. Cela vise à accélérer le retour à l’emploi des candidats sur les plateformes aéroportuaires de Paris. Une dizaine d’entreprises, situées à Roissy et Orly, participent déjà à ce dispositif, permettant aux candidats de se projeter dans le poste et aux recruteurs d’évaluer les compétences en contexte réel. Selon les organismes concernés, « dans 7 cas sur 10, elles donnent lieu à une embauche. »
Le dispositif prévoit également une anticipation des droits de circulation en zone réservée, nécessaires pour accéder aux pistes, en lien avec les services de l’État.
Un besoin urgent de qualifications
En renforçant la visibilité des métiers et en proposant des immersions professionnelles, le groupe ADP affirme vouloir répondre aux « besoins de recrutement pour la décennie à venir » et contribuer à la création de valeur pour les territoires voisins. Cependant, cette initiative a aussi des répercussions à Goussainville, où Marwan Chamakhi déclare qu’il s’agit d’« une excellente nouvelle pour Goussainville. » L’est du Val d’Oise, bien que proche de l’aéroport, ne bénéficie que de peu de retombées économiques positives.
Développement local et métiers en tension
Le groupe ADP s’efforce également de développer localement en permettant aux habitants proches de l’aéroport de découvrir les métiers et de former des personnes peu qualifiées. Certaines immersions ont déjà commencé.
Tous les secteurs de l’aéroport nécessitent des recrutements.
Georges Lachenaud, consultant aéroportuaire et ancien cadre chez Air France
Bruno Vandenbroucke, consultant aérien et membre de Génération CDG, une association d’anciens cadres de l’aéroport, affirme que « le nouveau programme de recrutement répond à un vrai besoin. » Cela dit, il souligne que « le milieu aéroportuaire nécessite des formations spécifiques dans beaucoup de secteurs. »
Une vue d’ensemble sur les besoins futurs
Georges Lachenaud insiste sur le fait que « tous les secteurs de l’aéroport nécessitent des recrutements. » Que ce soit des cadres, des managers, ou des agents de trafic, les départs après la crise Covid ont rendu le recrutement difficile pour ADP et ses sous-traitants.
Selon un rapport de l’Insee, publié le 16 décembre 2025, la plateforme aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle regroupe 1 360 établissements employant 94 600 salariés et générant une richesse locale annuelle de 9,8 milliards d’euros.
