Alors que l’Iran fait face à un black-out presque total d’internet imposé par le régime, le 14 janvier, les noms et visages des personnes tuées lors des récentes manifestations commencent à émerger malgré la difficulté d’identification due à la répression. Selon des sources, le nombre de morts pourrait osciller entre 700 et 3.000 après trois semaines de mobilisation dans tout le pays. Diverses ONG, opposants et médias iraniens en exil font état d’un bilan particulièrement tragique et alertent sur le fait qu’il pourrait être encore plus lourd. Franceinfo présente ci-dessous une liste non exhaustive des premières victimes connues des violences.
Akram Pirgazi, 40 ans, première femme victime signalée
La première femme identifiée parmi les victimes est Akram Pirgazi, mère de famille âgée de 40 ans, habitante de Nichapour, dans le nord-est de l’Iran. Selon l’ONG Hengaw, elle a été touchée à la tête par des balles des forces du régime le 7 janvier et transportée à l’hôpital. Malheureusement, elle n’a pas survécu à ses blessures, son décès ayant été prononcé le même jour, laissant derrière elle deux enfants. Lors de cette journée de manifestations à Nichapour, plusieurs autres manifestants ont également été la cible de tirs à balles réelles.
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Robina Aminiam, 23 ans, étudiante passionnée de mode
Robina Aminiam, étudiante de 23 ans, est l’une des victimes les plus médiatisées sur les réseaux sociaux. Elle aurait été tuée à Téhéran le 8 janvier d’une balle dans la tête ou d’un tir dans le dos, selon les témoignages recueillis par l’ONG Iran Human Rights et l’organisation Hengaw. En formation dans le domaine de la mode, elle a été abattue alors qu’elle « se battait pour des causes qu’elle savait justes », a déclaré son oncle à CNN. Sa famille a précisé qu’elle rêvait de poursuivre une carrière à Milan et qu’elle soutenait activement les droits des femmes sur les réseaux sociaux. Malheureusement, sa famille n’a pas pu organiser de cérémonie pour son enterrement.
Mojtaba Torshiz, 47 ans, ancien footballeur professionnel
Le décès de Mojtaba Torshiz, ancien footballeur de 47 ans, a été rapporté par la chaîne Iran International et d’autres médias en exil. Torshiz, qui avait joué pour plusieurs clubs de football en Iran, a été tué avec sa femme par les forces répressives lors des manifestations. Le couple a été enterré « dans le plus grand silence » le 12 janvier à Karaj, laissant derrière eux deux filles.
Mansoureh Heidari, infirmière à l’hôpital, et son mari Behrouz
À Bouchehr, sur la côte du golfe Persique, l’ONG Hengaw rapporte que les forces du régime ont tué Mansoureh Heidari et son mari Behrouz Mansouri le 8 janvier en tirant « directement » sur la foule. Bien que leur âge ne soit pas précisé, Mansoureh est décrite comme infirmière dans un hôpital public et mère de deux enfants âgés de sieben et 10 ans. Les témoins indiquent que le couple a été ciblé par des tirs des forces de sécurité retranchées dans une mosquée.
Rebin Moradi, 17 ans, lycéen et espoir du football iranien
Rebin Moradi, un jeune étudiant kurde de 17 ans, est également identifié parmi les toutes premières victimes. Originaire de la province de Kermanchah, il habitait à Téhéran où il jouait au football pour le club de Saipa dans la ligue junior. Il a été abattu le 8 janvier par les forces gouvernementales. Sa famille a été sans nouvelles pendant quatre jours avant d’apprendre sa mort, mais elle n’a pas encore été autorisée à récupérer son corps.
Amir Mohammad Koohkan, 26 ans, arbitre et entraîneur de futsal
Amir Mohammad Koohkan, 26 ans, a également été tué par les forces du régime le 3 janvier à Neyriz. Selon un ami qui a parlé à la BBC, Amir était bien connu dans sa communauté pour sa générosité et sa gentillesse. Sa famille vit un profond deuil, mêlé à la colère de la manière dont il a été tué.
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