Cette semaine, une spécialiste des questions environnementales, Magali Reghezza-Zitt, décrit le monde dans lequel nous pourrions vivre dans moins de trente ans, si nous cherchons à limiter au maximum nos émissions de CO2.
Publié
Temps de lecture : 1 min
/2026/05/28/6a1814bfea693432211007.jpg)
Alors que nous venons de vivre une semaine de chaleur record pour un mois de mai, Magali Reghezza-Zitt imagine le monde dans lequel nous vivrons en 2055, si nous décidons aujourd’hui de suivre toutes les recommandations du GIEC, le groupe d’experts qui surveille le climat.
Selon cette spécialiste, si nous respectons ces recommandations, nous évoluerons vers un monde neutre en carbone d’ici 2055, c’est-à-dire que nous cesserons d’émettre plus de carbone que ce que la nature et les technologies peuvent absorber.
Toutefois, il est important de noter que ce monde de 2055, tel que l’envisage Reghezza-Zitt, sera encore affecté par le réchauffement climatique : la Terre aura continué à se réchauffer pendant 29 ans, et on pourra atteindre des températures de 50 °C à l’ombre en France, ce qui sera insupportable. Cependant, de nombreux changements seront visibles.
En 2055, les villes seront plus silencieuses. Les déplacements se feront à pied, à vélo ou par le biais de transports collectifs électriques. Les logements seront plus petits mais mieux agencés et mieux isolés. Le plastique et les emballages auront pratiquement disparu : nous achèterons des aliments en vrac et des médicaments à l’unité. Nos vêtements seront fabriqués à partir de fibres végétales ou animales, plus durables, rendant la « fast fashion » obsolète.
La consommation de viande aura également diminué. Bien qu’il soit encore possible de faire des barbecues, il y aura un changement significatif : une réduction de 50 % de notre consommation de viande. À la place, nous privilégierons les lentilles, les pois chiches, les légumineuses, ainsi que des fruits et légumes de saison issus de productions locales.
Magali Reghezza-Zitt souligne que ces transformations auront des répercussions sociales. Des pertes d’emplois sont à prévoir dans les secteurs de l’industrie, de la pétrochimie ou de l’agroalimentaire. Cependant, de nouveaux métiers émergeront : ceux liés à la forêt, aux soins, au recyclage, ainsi que les métiers manuels pour travailler la pierre, le bois et les métaux, destinés à fabriquer, réparer et recycler.
En 2055, avec une volonté politique adéquate, de nouvelles filières et formations pourront voir le jour. Selon l’autrice, cette volonté politique est la clé des changements souhaités, car les solutions existent déjà.
