L’Élysée a annoncé, début mai, que Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, allait retourner sur place pour reprendre ses activités. Il avait été rappelé à Paris en avril 2025 sur fond de nouvelle brouille avec Alger.
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(FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
« C’est un retour pour rétablir une relation, pour tenter de la redémarrer, pour essayer de la reconstruire après des mois et des mois, presque deux ans où cette relation a été abîmée« , a déclaré sur France Inter, lundi 25 mai, Stéphane Romatet.
L’Élysée a annoncé, vendredi 8 mai, que l’ambassadeur allait retourner sur place pour reprendre ses activités.
Ce retour s’inscrit dans un contexte où la France souhaite renouer ses rapports avec l’Algérie, après presque deux ans où « tous les contacts pratiquement ont été interrompus entre Paris et Alger et il nous faut reprendre cette relation« , notamment « parce que c’est notre intérêt, c’est l’intérêt de la France, parce que l’Algérie, c’est le plus grand pays d’Afrique, parce que nous avons des enjeux, en particulier de sécurité, avec ce pays qui commande tout simplement de retrouver un chemin entre Paris et Alger« .
« Discuter avec l’Algérie, ce n’est pas faire preuve de faiblesse, c’est une nécessité« , affirme Romatet, alors que certaines voix critiquent la reprise des discussions, préférant employer la « méthode forte« , comme le faisait Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur.
Cette voie forte est vouée à l’échec, selon l’ambassadeur, car sans échanges et confiance avec l’Algérie, « c’est facile de mettre des Algériens qu’on veut expulser dans des avions, mais si on n’a pas d’échanges, on ne pourra pas les débarquer« .
D’un point de vue pragmatique, « il n’y a pas d’autre choix que de trouver un chemin avec Alger« , estime-t-il.
En visite en Algérie lundi dernier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a communiqué un chiffre :
l’Algérie a délivré 150 laissez-passer consulaires depuis février 2026, alors qu’aucun laissez-passer n’avait été délivré lors du mandat de Bruno Retailleau.
Au premier trimestre 2025, 500 Algériens avaient été reconduits à la frontière.
L’ambassadeur souligne qu’il s’agit désormais « d’amplifier ce mouvement« , espérant que cela pourra être le cas lors de la prochaine visite du ministre algérien de l’Intérieur à Paris.
Cette situation met en lumière des coopérations essentielles avec l’Algérie, notamment en matière de sécurité.
Les sujets sensibles comprennent la question des Obligations de quitter le territoire (OQTF), le narcotrafic, la lutte contre la DZ mafia et des affaires judiciaires délicates comme celle de Christophe Gleizes, journaliste sportif condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme.
« La seule méthode qui compte, c’est celle qui produit des résultats sur les sujets les plus importants pour nous« , martèle le diplomate.
« Reprendre un dialogue, on sait que c’est difficile, on sait que c’est exigeant, mais ce n’est pas abdiquer, c’est un impératif« , conclut-il.
