À quelques semaines de la saison estivale, les compagnies aériennes demeurent sur leurs gardes face à une possible flambée des prix du kérosène. En effet, elles n’excluent ni des annulations ciblées de vols ni de nouvelles hausses tarifaires pour préserver leurs marges.
Frappées de plein fouet par la hausse des prix des carburants, stimulateurs d’inquiétude en raison de la guerre au Moyen-Orient, les compagnies aériennes se préparent au pire. Toutefois, le gouvernement a tenté de tempérer ces craintes ce mercredi. « Ce que nous ont dit les énergéticiens, c’est qu’a priori il n’y a aucune crainte » de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien durant les mois de mai et juin, et « sans doute peu de risque » pour le reste de l’été, a affirmé le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Il a également précisé que « les cas d’annulation » de vols sont « pour l’instant assez exceptionnels » dans le secteur, lors d’un point presse à l’issue d’une réunion gouvernementale avec les acteurs du secteur.
Nonobstant ces assurances, les compagnies ne pourront pas ignorer la réalité économique. Près de 20 % du kérosène utilisé dans les aéroports français est importé du Golfe Persique, et son prix a presque doublé depuis février dernier, mettant ainsi sous pression la trésorerie des transporteurs. « Là où il représentait environ 25 % du coût d’exploitation, le kérosène pèse désormais pour 45 % des coûts », a détaillé Philippe Tabarot, le ministre des Transports, après consultation avec les acteurs de la filière.
Message de réassurance
Alors que les vacances d’été représentent, en temps normal, jusqu’à 70 % du chiffre d’affaires des compagnies aériennes, le gouvernement a cherché à faire passer un « message de réassurance » à cette filière, qui emploie près de 100.000 personnes en France. Philippe Tabarot a promis « plus de flexibilité » concernant les règles de créneaux horaires dans les aéroports, permettant ainsi aux transporteurs d’ajuster plus librement leur plan de vol en fonction de la demande et de limiter le gaspillage de carburant.
Cependant, le ministre de l’Économie a écarté toute mesure de plafonnement des prix du kérosène ou de baisse de la fiscalité sur ce carburant, estimant qu’une telle mesure générale « coûterait beaucoup d’argent et serait sans doute peu efficace ». Il a précisé que les compagnies aériennes peuvent bénéficier d’un dispositif de décalage de trésorerie, leur permettant de repousser certaines sorties de trésorerie (taxes, redevances, charges sociales ou remboursements d’aides) pour alléger la pression à court terme.
