La perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz, passage vital pour environ 20 % de l’offre mondiale de pétrole, a entraîné une chute significative des prix du brut ce mercredi. Les marchés financiers européens ont également réagi positivement, dans l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran.
Le marché réagi à une possible détente géopolitique
Mercredi matin, les Bourses européennes ont enregistré une forte hausse, les trois principaux indices progressant de plus de 2 % : Paris(+2,40 %), Francfort (+2,37 %) et Londres (+2,18 %). Milan, quant à elle, a pris 1,79 %. Cette dynamique optimiste a été alimentée par des rumeurs concernant la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.
Selon un article du média Axios, « deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier » auraient indiqué qu’un accord d’une page vise à mettre fin à la guerre actuelle et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées. Washington attendrait des réponses de Téhéran dans les 48 heures.
Par ailleurs, le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, entremetteur dans ce conflit, a exprimé son « bon espoir » que la situation dans le détroit d’Ormuz mène à une paix durable au Moyen-Orient.
Le pétrole en forte baisse
Suite à ces développements, le cours du pétrole a fortement chuté. Le Brent de la mer du Nord, référence en Europe, a perdu 5,52 % par rapport à la veille, se rapprochant des 100 dollars le baril (103,81 dollars). De son côté, le WTI américain a reculé de 6,26 %, se négociant à 95,87 dollars le baril.
Dans un autre contexte, Donald Trump a annoncé, mardi, la suspension de l’opération américaine d’escorte de navires dans le détroit d’Ormuz, opération qui n’avait duré qu’un jour. Cette décision vise à faciliter les discussions avec l’Iran pour tenter de mettre un terme aux hostilités au Moyen-Orient. Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote, a déclaré : « Le rallye, temporairement interrompu, a repris. »
On observe également que le secteur technologique est en plein essor, avec des entreprises comme Intel et Amazon soutenues par des annonces stratégiques, même lorsque les tensions géopolitiques s’apaisent légèrement, souligne John Plassard dans sa note pour Cité Gestion.
Dans la matinée, l’indice Kospi de Séoul a connu une flambée de 6,45 %, avec des analystes comme Yan Taw Boon de Neuberger Berman affirmant que « la Corée du Sud est le marché le plus performant au monde », évoquant un « nouveau triangle d’or » engendré par la forte demande en matériel informatique liée à l’intelligence artificielle.
À la clôture de Wall Street mardi, le Nasdaq (+1,03 %) et le S&P 500 (+0,81 %) ont tous deux atteint de nouveaux sommets, tandis que le Dow Jones a progressé de 0,73 %. Selon les analystes de Natixis, « le marché actions américain poursuit son rebond, dépassant même la tendance haussière préconflit ».
Détente sur le marché des taux
Une détente s’observe également sur le marché de la dette publique et des entreprises, un indicateur essentiel des risques d’inflation. Le rendement du « Bund », le taux d’emprunt allemand à dix ans, est repassé sous le seuil de 3 % pour s’établir à 2,99 %, par rapport à 3,06 % la veille. Son équivalent français a également connu un net recul, passant de 3,71 % à 3,62 %. Cependant, au Royaume-Uni, le rendement à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 1998.
Les analystes de Natixis soulignent que « la situation britannique est emblématique des difficultés du Vieux Continent : dette publique élevée, resserrement imminent d’une politique monétaire déjà restrictive. S’ajoute maintenant le spectre du risque politique, avec des élections locales qui pourraient entraîner le limogeage du gouvernement actuel ».
