Convaincu que la crise énergétique actuelle va perdurer, l’exécutif français mise sur des mesures profondes pour aider les ménages et les entreprises. Cependant, cela entraîne un risque de mécontentement croissant, tant du côté des particuliers que des entreprises, en raison d’un manque de solutions à effet immédiat.

« Ne plus dépendre du prix du fioul ou du gaz pour celui de la baguette, mais de celui de l’électricité ». C’est en ces termes que le cabinet du ministre des Petites et Moyennes entreprises, Serge Papin, a résumé l’esprit du vaste plan d’électrification révélé ce jeudi matin par une douzaine de membres du gouvernement. Le but essentiel est de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles (gaz et pétrole) en misant sur la capacité du pays à produire l’énergie dont il a besoin : l’électricité.
L’ampleur de la mobilisation gouvernementale est à la hauteur de la crise actuelle. Les ministres de Sébastien Lecornu sont en ordre de marche pour aider les ménages et les entreprises de toutes tailles à passer à l’électricité. Pour les particuliers, le Premier ministre avait déjà dévoilé, il y a deux semaines, une série d’initiatives : extension du leasing social aux ménages modestes, aides à l’achat d’une pompe à chaleur (PAC), et impossibilité d’utiliser MaPrimeRénov’ pour financer des rénovations globales qui prévoient de conserver un chauffage au gaz après les travaux.
Les « territoires électriques » font également partie intégrante de ce plan d’électrification. Le gouvernement prévoit en effet la création de 100 territoires électriques, qui doivent encore être identifiés. Ces zones, entièrement électriques, visent à limiter le coût des réseaux pour les consommateurs, en évitant que les utilisateurs restants du gaz ne voient leurs factures exploser. Par conséquent, l’arrêt des réseaux de gaz dans certaines communes et quartiers est envisagé, avec l’objectif de sortir des usages de gaz pour les bâtiments, afin d’éviter de payer pour deux infrastructures distinctes : le réseau électrique et le réseau de gaz.
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Des mesures ciblées pour les entreprises et l’agriculture
Le gouvernement a également détaillé des mesures plus spécifiques pour les entreprises afin de les encourager à s’électrifier. Ces aides ne visent pas uniquement les grands projets de décarbonation industrielle supérieurs à 20 millions d’euros, mais aussi à soutenir le tissu économique local, comme les boulangers, dont les fours sont particulièrement ciblés. « Les défis pour électrifier les PME et les artisans ne sont pas que techniques. Il faut aussi convaincre, changer les habitudes. J’ai rencontré des industriels de l’agroalimentaire qui hésitent à modifier leurs fours, estimant que l’électrique ne donne pas les mêmes résultats de cuisson que le gaz », explique Raphaël Schellenberger, responsable d’une mission sur l’électrification de l’industrie.
Afin de soutenir l’électrification des tracteurs agricoles, un défi en raison de l’offre limitée, un deuxième volet de l’appel à projets, ouvert en janvier 2026, sera lancé avec un budget de 10 millions d’euros, contre 1 million précédemment. « Cette extension permettra de soutenir l’acquisition d’engins agricoles électriques légers, possiblement équipés de nouveaux moteurs, ainsi que les infrastructures de recharge associées », affirment les autorités. D’autres mesures viseront à aider les serres maraîchères à remplacer leurs chauffages au gaz par des pompes à chaleur. En outre, le gouvernement fixe l’objectif de doter la flotte de pêche de 500 navires électriques d’ici 2030, bien que des détails sur la mise en œuvre de cette nouvelle filière restent à préciser.
