En affichant son idylle en une de Paris Match avec une héritière de la jet-set, Jordan Bardella cherche à humaniser son image et renforcer sa stature présidentielle. Mais ce virage « people » entre en contradiction avec son discours anti-élites.
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L’amour, toujours l’amour avec cette question : la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, duchesse de Calabre et de Palerme, héritière italienne d’une famille royale parmi les plus fortunées de la jet-set internationale et influenceuse de 22 ans, sera-t-elle la nouvelle « Première dame » en 2027 ?
La maison de Bourbon, qui régna sur les royaumes de Naples et de Sicile, est privée de couronne depuis 1861. Retrouvera-t-elle un trône à l’Élysée en 2027 ? On n’en est pas encore tout à fait là, mais Jordan Bardella met en scène son idylle dans Paris Match. Le leader d’extrême droite fait la une de l’hebdomadaire avec sa princesse. Le couple s’affiche en Corse, au bord de la mer puis dans les rues d’Ajaccio, main dans la main, avec l’ancien garde du corps de Jean-Marie Le Pen sur les talons.
Pourquoi le président du RN fait-il ce choix ? Sans doute parce que Jordan Bardella pense que cela l’humanise, que cela donne une touche romantique à son côté Robocop. Et puis cela peaufine sa stature de présidentiable. Match, c’est le passage obligé des prétendants à l’Élysée. Nicolas Sarkozy y a subi le départ de Cécilia au bras d’un autre avant d’afficher sa romance avec Carla ; en pleine ascension, Emmanuel Macron a collectionné les unes pour mettre en avant son couple fusionnel avec Brigitte. Tous les politiques, ou presque, ont dévoilé leur intimité dans Paris Match, parfois jusqu’à l’exhibitionnisme. Mais c’est de la communication « people » à l’ancienne, voire franchement poussiéreuse.
On est loin des selfies et des vidéos TikTok dont Jordan Bardella raffole et qui ont fait son succès sur les réseaux sociaux. De plus, le profil de sa compagne ne colle pas vraiment à son discours politique. Jordan Bardella se présente comme le défenseur du « peuple oublié ». Il mettait jusque-là en avant ses racines populaires de « gamin de banlieue » grandi à Saint-Denis et fustige « les élites fortunées » et « mondialisées » qui « méprisent la France authentique ». Bref, officiellement, c’est un adversaire déclaré du monde dans lequel il évolue aujourd’hui avec sa princesse.
Maria-Carolina est l’héritière d’une fortune colossale. Elle passe ses vacances entre Gstaad et Saint-Barth’, possède un château à Saint-Tropez, fréquente les défilés de mode et fait la promotion de produits de luxe à Dubaï ou Hong Kong. Sa famille vit entre Rome, Paris et Monaco, la principauté des ultrariches où les deux jeunes tourtereaux se sont rencontrés.
On est loin, très loin d’Hénin-Beaumont et de l’électorat populaire courtisé par Marine Le Pen. D’ailleurs, au sein même du RN, certains redoutent que cette nouvelle vie faite de paillettes et de « bling-bling » ne lui nuise politiquement. Un peu comme lorsque Nicolas Sarkozy, le candidat de « la France qui se lève tôt », avait passé, à peine élu, ses vacances sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré.
