Face à la flambée des prix, le gouvernement espagnol a présenté, vendredi, un ensemble de 80 mesures destinées à soutenir les ménages et les entreprises, pour un montant total de 5 milliards d’euros. Cette initiative vise à atténuer l’impact du choc économique provoqué par les conflits au Moyen-Orient, notamment entre l’Iran, les États-Unis et Israël.
Parmi les mesures annoncées, on note une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants, qui permettra une réduction des prix à la pompe pouvant atteindre 0,30 euros par litre. De plus, le gouvernement prévoit une réduction de 60 % des taxes sur l’électricité, accompagnée d’une baisse de la TVA sur l’électricité de 21 % à 10 %, ainsi que la suspension de l’impôt sur la production.
Le Premier ministre Pedro Sanchez a également promis de « plafonner le prix maximal de vente du butane et du propane » et d’accorder « une aide directe de 0,20 euro par litre de carburant » à tous les transporteurs, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs du pays, ainsi qu’une aide équivalente à l’achat d’engrais.
Par ailleurs, un décret prévoyant un « gel temporaire » des loyers a été annoncé. Cette mesure, suite à des négociations difficiles avec son partenaire au gouvernement, le parti d’extrême gauche Sumar, doit encore être approuvée par le Parlement, où le gouvernement ne dispose pas de la majorité.
Dans un contexte d’opposition à la guerre « illégale » menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Pedro Sanchez a exprimé sa colère face à la situation provoquée par « certains gouvernements ». Il a souligné que « les Espagnoles et les Espagnols vont devoir assumer un coût de 5 milliards d’euros, que nous pourrions consacrer aux bourses, à la santé, à la dépendance ». Le Premier ministre a reconnu que ces mesures ne suffiraient pas à atténuer complètement les effets de la guerre au Moyen-Orient, déjà entrée dans sa troisième semaine.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte européen sous tension. En France, le gouvernement n’a pour l’heure pas prévu de mesures ciblées, tandis que l’Italie a opté pour une réponse plus ponctuelle, avec une baisse de 0,25 euros par litre pendant 20 jours, pour un coût estimé à 1,5 milliard d’euros, complétée par des crédits d’impôt pour les transporteurs et les pêcheurs. Contrairement à ces approches, l’Espagne fait le choix d’une réponse plus globale et immédiate face à une crise énergétique durable.
