« Nous sommes une écrasante minorité, » dans le milieu du jazz, constate la contrebassiste, chanteuse et compositrice, Louise Knobil, sur France Musique. « Un milieu avec très peu de femmes, de l’alcool, et où les choses se passent la nuit ou tard le soir, » souligne la chanteuse, violoniste et compositrice, Élise Vassallucci.
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Une centaine de professionnels du jazz, hommes et femmes, dénoncent « l’omerta » entourant les violences sexistes et sexuelles dans ce milieu, dans une lettre ouverte publiée lundi sur les sites de Mediapart et Citizen Jazz. « Nous ne le faisons ni à la légère, ni par goût de la polémique mais parce que l’omerta a assez duré », écrivent les signataires, parmi lesquels figurent notamment Louise Knobil et Élise Vassallucci, invitées mardi 10 mars sur France Musique.
À l’origine de la lettre ouverte, il y a un constat partagé entre plusieurs musiciennes. « L’idée d’écrire une lettre ouverte naît de la prise de conscience qu’un nombre important de femmes sont victimes d’abus dans le milieu du jazz et qu’autour de ces faits de violence, l’omerta règne en maître », explique Louise Knobil. Selon elle, la démarche s’est construite à partir d’un témoignage précis : « En partant d’un fait horrible arrivé à une collègue, nous nous sommes rendu compte que c’était systémique. » « La lettre dit : nous n’en pouvons plus », résume-t-elle.
Elle souligne également l’isolement des femmes, dans un milieu majoritairement masculin. « Nous sommes une écrasante minorité, » soupire-t-elle. Une situation qui explique, selon elle, la prise de parole tardive de ce secteur par rapport à d’autres domaines artistiques touchés par les mouvements #MeToo, comme le cinéma. « Dans le milieu majoritairement masculin du jazz, les espaces de discussion entre femmes sont rares et réduits, » explique-t-elle.
Élise Vassallucci abonde et décrit des violences qui commencent « dès la formation » à l’école. Par ailleurs, elle évoque un contexte professionnel particulier, souvent cité dans le milieu du jazz. « C’est un milieu avec très peu de femmes, de l’alcool, et où les choses se passent la nuit ou tard le soir. » Elle souligne que « c’est un facteur aggravant », mais « ce n’est pas la seule raison » de ces violences.
