Salvatore Adamo est l’invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l’occasion de la tournée de son dernier album, « Des nèfles et des groseilles ». Épisode 1 : « Sans toi ma mie ».
Publiée le 02/03/2026 à 12:24
Temps de lecture : 4 min
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En écoutant les chansons de Salvatore Adamo, on replonge ou on plonge tout simplement en enfance pour certains, dans la vie d’ado ou d’adulte pour d’autres. Certaines personnes que nous aimions et qui nous ont quittés depuis réapparaissent. Depuis 60 ans, il nous accompagne autant que nous l’accompagnons et cette fidélité sans faille saute aux yeux avec 100 millions d’albums vendus dans le monde entier. Il est actuellement en tournée avec un concert à l’Olympia, le 22 mars à Paris. Il sera à Biarritz le 21 avril, puis le 21 juin au Havre et le 7 octobre à Clermont-Ferrand avant de faire La Salle Pleyel, le 13 décembre. Dans son dernier album, Des nèfles et des groseilles, il s’adresse au petit garçon qu’il était avec un tête-à-tête musical et il avoue que petit, il souhaitait passer du gris à la couleur.
Une enfance marquée par l’affection
franceinfo : Vous êtes né en 1943, donc peu avant la fin de la guerre, que gardez-vous de cette enfance ?
Salvatore Adamo : Beaucoup de tendresse, d’affection, mes parents m’ont choyé. Bien sûr, je ne me suis pas rendu compte, lors de l’immigration, de la misère, mais l’amour de mes parents m’a offert une enfance radieuse. J’en profite pour dire une fois de plus que quitter son pays n’est jamais un plaisir, c’est toujours une blessure. Je le dis dans une chanson qui s’appelle Migrant, mais comme il y a eu des réactions un peu étranges par rapport à cette chanson, je le redis.
Un lien entre deux nationalités
Vous êtes italo-belge et les deux nationalités sont très importantes pour vous, tout comme le monde ouvrier qui a été très important et vous a construit.
Oui, j’ai gardé la nationalité italienne par respect et fidélité à mes parents. Et puis cela faisait des années que j’essayais de devenir belge, mais le gouvernement italien n’acceptait pas la double appartenance, donc j’ai dû attendre. Et depuis trois ans, je suis italo-belge.
Pour être honnête, j’ai pu, grâce à la chanson, accéder à un milieu un peu plus aisé, mais les souvenirs, sont là.
Salvatore Adamo
Je suis encore bien en contact et je retourne à Jemappes, où j’ai vécu, assez régulièrement. J’ai des cousines, j’ai des amis et je vois que là-bas, la vie n’a pas vraiment changé. Il y a eu quelques problèmes sociaux, des usines ont fermé. Ça va mieux depuis quelques années, mais il y a eu de gros problèmes dans la région.
La musique : un tournant à l’adolescence
La musique vous a toujours accompagnée et je me suis juste posé la question de savoir à quel âge ça bascule ?
À quatorze ans, lorsque ma mère m’a surpris devant un miroir avec un balai en guise de guitare, en train de me déhancher à la Elvis Presley. Elle ne m’a rien dit, elle a écrit à son papa en Sicile et un mois plus tard, un oncle me ramenait ma première guitare.
Les débuts difficiles de la carrière
Il y a eu un concours pour une radio qui vous a un peu conforté dans l’idée que vous étiez fait pour ça, puisque vous l’avez remporté. Ensuite, il va y avoir effectivement ce titre Sans toi ma mie.
On m’a reçu à ma première interview parce que je passais dans les juke-box, à l’initiative de mon père et du disquaire de Jemappes. Ils avaient eu cette idée de placer mon disque dans les juke-box et donc des auditeurs de la radio nationale m’avaient réclamé.
Je m’amène pour ma première interview et c’était une présentatrice et un présentateur qui me disent : ‘Bonjour, on vous accueille parce qu’on est obligés, mais on n’aime pas ce que vous faites’. Ça m’a mis à l’aise directement et j’ai eu l’inconscience ou la folie de leur dire que moi non plus.
Salvatore Adamo
Ils n’en revenaient pas et je leur ai dit que j’aurais préféré enregistrer d’abord avec un peu plus de consistance. Ils me demandent si je peux en chanter une, je suis allé chercher ma guitare dans la voiture et j’en ai chanté deux. Ils ont été tellement surpris que j’en ai enregistré 12 qui sont passées deux par jour la semaine d’après. Ça a constitué mon premier album, qui s’est appelé Chansons non commerciales et qui est devenu numéro un au hit-parade.
