
Sur RTL ce vendredi, l’ex-ministre de l’Économie Éric Lombard a estimé que le nombre de ménages aisés échappant à l’impôt sur le revenu, avancé par Bercy dans des documents transmis au Sénat (plus de 13.000), était sous-estimé.
Désormais loin de Bercy, Éric Lombard reste attentif aux questions fiscales. Quelques jours après la promulgation du budget 2026, et alors que le débat autour des impôts demeure, l’ancien ministre de l’Économie sous François Bayrou est revenu sur ce sujet au micro de RTL. L’occasion d’estimer le nombre de Français aisés qui ne paient pas d’impôt sur le revenu, mettant ainsi en question l’« équité » voulue par le système fiscal tricolore.
En début d’année, Éric Lombard avait affirmé à Libération que de nombreux contribuables fortunés présentaient « un revenu fiscal de référence de zéro », leur permettant ainsi de ne payer « aucun impôt sur le revenu ». Ces propos avaient suscité des réactions indignées, notamment de l’Insoumis Éric Coquerel, en pleine discussion budgétaire sur le projet de loi de finances pour 2026. Quelques heures plus tard, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait démenti ces informations, affirmant qu’« il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait ». Cependant, depuis, Bercy a transmis au Sénat des documents confirmant les déclarations d’Éric Lombard, précisant que plus de 13.000 foyers fiscaux éligibles à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) paient un impôt sur le revenu « nul ou négatif ».
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« Entre 0,1 % et 0,3 % des Français »
Ce vendredi, Éric Lombard est revenu sur ce chiffrage, qu’il juge largement sous-estimé. L’ancien patron de Bercy a appelé à « une analyse précise », pour mieux comprendre « ce qui se passe » et « combien de personnes » sont concernées. Il existe « bien sûr » plus de 13.000 foyers aisés qui ne paient pas d’impôt, a-t-il ajouté, estimant le nombre de ménages concernés à « quelques dizaines de milliers », avançant une fourchette entre « les 13.000 identifiés par le Sénat et moins de 100.000 ». Soit « entre 0,1 % et 0,3 % des Français ».
Reste que ces contribuables ne font rien d’illégal, a nuancé Éric Lombard. « Pour une part importante, c’est l’application des textes. […] Mais pour une part non négligeable, c’est lié à la suroptimisation fiscale, ce qui est légal », a-t-il rappelé. L’ex-patron de la Caisse des dépôts a par ailleurs appelé à indexer l’imposition « sur le patrimoine, en tout cas sur l’épargne financière ».
Éric Lombard a également défendu son action, affirmant qu’il n’avait pas mis ce sujet des conséquences de la suroptimisation fiscale des plus fortunés sous le tapis lorsqu’il était aux manettes de Bercy. À l’époque, « le diagnostic commençait à apparaître », a-t-il affirmé. Il a aussi refusé de critiquer la réponse d’Amélie de Montchalin, ex-ministre des Comptes publics qui a récemment pris la tête de la Cour des comptes, la jugeant « incroyablement compétente et honnête ». « Ce travail était en gestation à Bercy. […] Quand j’étais à Bercy, il n’y avait pas de note sur ce sujet, et j’avais demandé qu’on creuse le sujet. Je maintiens d’ailleurs cette demande […], afin qu’on ait une vision beaucoup plus complète du sujet », a-t-il déclaré.
