En Iran, les manifestations étudiantes ont repris ces derniers jours. Nous avons pu recueillir le témoignage de deux étudiants, qui nous expliquent pourquoi ils redescendent dans la rue au péril de leur vie.
Témoignages de la révolte étudiante
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Un face-à-face tendu dans une grande université de Téhéran (Iran). À droite, les étudiants qui réclament le changement et, dans l’autre angle, avec les drapeaux, ceux qui soutiennent l’ayatollah Khamenei. Il y a des bousculades, des coups de poing et des insultes.
Les manifestations ont viré à l’affrontement dans plusieurs campus de la capitale iranienne. La protestation s’était tue, mais elle revient depuis la réouverture, samedi 21 février, des facultés dans le pays.
Ces images sont filmées par une étudiante avec qui nous sommes en contact. Les manifestants brûlent un drapeau de la République islamique à l’université Al-Zahra de Téhéran, un geste qui constitue une ligne rouge pour les autorités. Pour celui-ci, les manifestants risquent de lourdes peines. Qu’importe, les protestataires jettent ensuite des morceaux enflammés vers les prorégimes.
Nous retrouvons l’étudiante chez elle. En janvier dernier, elle manifestait déjà. Aujourd’hui, elle n’a pas hésité à reprendre le mouvement malgré les risques. « Quand je brûle le drapeau de la République islamique, ça me procure une joie immense, physiquement et mentalement. C’est la même chose quand je crie ‘mort au dictateur’ pour exprimer toute ma colère à cause de tout ce que nous endurons », témoigne-t-elle anonymement.
La portée des manifestations actives
Nous avons localisé des rassemblements dans neuf universités à Téhéran, mais aussi dans les villes de Machhad, Ispahan ou encore Chiraz. Ce sont quinze manifestations identifiées au total.
Le climat est délétère depuis la répression de janvier qui a fait entre 7.000 et plus de 30.000 morts, selon les sources. Aujourd’hui, le pays est suspendu à la menace d’une intervention militaire américaine.
Donald Trump va-t-il agir ? Pour cet étudiant, lui aussi manifestant, c’est la seule solution. « Il faut absolument cette intervention militaire américaine. Ce serait une coopération entre l’armée américaine et le peuple iranien pour renverser ce régime », estime-t-il anonymement. La CIA a diffusé un message en persan, à la recherche d’informateurs. Sans doute pour être prête à tous les scénarios, de la diplomatie à la guerre.
