Des peines allant jusqu’à trois ans ont été requises ce lundi contre des ressortissants moldaves, jugés pour avoir tagué des cercueils et des inscriptions en référence à la guerre en Ukraine. Le dossier fait partie d’une série d’affaires liées à des ingérences étrangères.
Des actes de vandalisme signalés
Étoiles de David bleues taguées en région parisienne (un dossier où deux Moldaves sont mis en cause), mains rouges peintes sur le Mémorial de la Shoah (pour lesquelles quatre Bulgares ont été condamnés), têtes de cochon déposées devant des mosquées en Île-de-France… Après plusieurs autres affaires liées à des ingérences étrangères, des peines de 18 mois à trois ans d’emprisonnement ont été réclamées lundi à l’encontre de sept ressortissants moldaves.
Ils sont jugés pour avoir réalisé à Paris des tags représentant des cercueils avec des inscriptions faisant référence au conflit ukrainien. Des tags découverts le 7 juin 2024 sur les murs de bâtiments de l’Assemblée nationale, reproduisant au pochoir le visuel d’un cercueil sous la mention « Soldats français en Ukraine« .
Des suspects interpellés
La vidéosurveillance avait permis d’interpeller trois suspects : Denis Malendra, 23 ans, Andrei Lisii, 20 ans et Gabriel Furdui, 18 ans. Le beau-père de ce dernier, Alexandr Grigorenco, 45 ans, par ailleurs décrit comme « fervent sympathisant du parti politique pro-russe SOR« , était apparu comme le donneur d’ordres, y compris pour une deuxième série de faits, quinze jours plus tard.
Le 20 juin 2024, à 1h30 du matin, des policiers avaient surpris un homme en train de taguer un mur avec une bombe de peinture rouge et un pochoir représentant un cercueil vide avec l’inscription « Stop the death now ! » (« Arrêtez les morts maintenant !« ) et « Mriya Ukraine » (« Rêve Ukraine« ), tandis qu’un autre faisait le guet. De tels tags avaient été notamment retrouvés sur les bâtiments de l’AFP et du Figaro, au centre de Paris. Des graffitis au pochoir représentant un cercueil équipé d’ailes d’avion, avec la mention « Des Mirage pour l’Ukraine« , avaient été découverts dans d’autres endroits de la capitale.
Récompense pour des actes de vandalisme
Les deux Moldaves, Victor Ivasi et Andrei Iurescu, avaient expliqué être payés 100 euros par jour pour réaliser ces tags. L’enquête avait également mis en évidence la présence à Paris d’un troisième homme, Urie Manic, qui les avait recrutés et était le chef de l’opération sur place, leur disant où taguer.
Réaction du gouvernement moldave
À la suite de la découverte de ces méfaits, le ministre moldave des Affaires étrangères, Mihai Popsoi, avait condamné « fermement les tactiques hybrides de la Russie en France consistant à impliquer des citoyens de Moldavie dans des actes de vandalisme et d’incitation à la haine« .
