Le rappeur marseillais Nabil Boukhobza, plus connu sous le nom de Naps, a été reconnu coupable de viol à l’encontre d’une jeune femme de 20 ans, dans la nuit du 1er octobre 2021 dans une chambre d’hôtel parisienne. À l’issue d’un procès de quatre jours, il a été condamné à une peine de prison de sept ans, accompagnée d’un mandat de dépôt, signifiant qu’il a été incarcéré immédiatement.
Un procès inquiet
La présidente du tribunal, Danièle Dionisi, a précisé que la victime, à l’époque des faits, était totalement inconsciente, affirmant que « l’absence de consentement » était manifeste. Elle a souligné que la douleur due à la pénétration avait réveillé la victime.
Ce soir-là, après avoir consommé de l’alcool, du cannabis et du protoxyde d’azote, Naps et trois jeunes femmes, dont la plaignante, se sont installés dans la même chambre d’hôtel. L’état d’ébriété a contribué à ce qu’ils s’endorment ensemble dans le même lit, une situation que la victime a décrite comme s’être « profondément endormie ».
Les arguments de la défense
Lors du procès, la défense a mis en avant certaines incohérences dans les témoignages des jeunes femmes. Malgré cela, toutes s’accordent sur un point : la plaignante dormait lorsque Naps a commis l’acte. Ce dernier a nié vigoureusement les accusations déclarant : « Jamais de la vie ça ne me viendrait à l’idée d’avoir un rapport avec une personne endormie, c’est impossible ». Il a tenté de faire valoir que la situation était consensuelle, affirmant que « tous les signaux étaient au vert ».
Les réactions à la décision
Nabil Boudi, l’un des avocats de la défense, a qualifié la décision de « sans aucun sens », ajoutant qu’il n’y avait « pas un seul mot sur l’élément intentionnel ». Il a également exprimé l’intention de faire appel de la condamnation.
De l’autre côté, l’avocat de la plaignante, Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, a salué la reconnaissance de sa cliente en tant que victime après un long processus de cinq ans. « Elle a été entendue, elle a été crue », a-t-il déclaré, exprimant son soulagement.
Le témoignage de l’avocate générale
Sarah Cadeillan, l’avocate générale, a fait valoir que le « viol par surprise » était évident, grâce aux déclarations constantes de la plaignante. Elle a également souligné l’absence de remise en question de la part de l’artiste accusé. « Même si elle est inerte, une jeune fille ne peut pas lui résister », a-t-elle conclu lors de ses réquisitions.
Nouvelles accusations en perspective
Il est à noter que Naps a récemment été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour des faits similaires de viols et d’agressions sexuelles à la suite des plaintes de trois autres jeunes femmes, ce que lui-même conteste également.
