En 2025, 3.874 logements sociaux ont été créés à Paris, notamment par le biais de la préemption ou de l’acquisition d’immeubles anciennement privés. L’Hôtel de ville assume sa politique en matière de logement, mais fait face à une vive opposition, dont la voix la plus audible est celle de Rachida Dati, qui dénonce des dépenses gargantuesques au regard des résultats obtenus.

EMMANUEL DUNAND / AFP
Cet immeuble cossu, typiquement parisien, est situé au 155 boulevard Saint-Germain. Avec sa façade en pierre taillée blanche du XVIIIe siècle, il bénéficie d’une localisation exceptionnelle, face au café de Flore et à deux pas de l’église Saint-Germain-des-Prés, dont le clocher, classé aux monuments historiques, est visible des fenêtres. Ses futurs occupants pourront profiter de ces atouts grâce à la mairie de Paris, et ce, aux frais des contribuables.
Cet ensemble immobilier fait partie d’une myriade de biens préemptés par l’Hôtel de ville pour créer des logements sociaux. En 2024, la mairie a exercé son droit de préemption lors d’une transaction estimée à plus de 16 millions d’euros. À cette somme s’ajoutent plusieurs millions d’euros de travaux et frais divers, financés par le bailleur social Paris Habitat, en partie grâce à une subvention de 1,1 million d’euros de la municipalité parisienne votée en conseil de Paris. Au total, 25 appartements de 24 à 65 m² seront proposés en 2029, avec un loyer mensuel compris entre 6,48 et 7,52 euros par m². Soit moins de 500 euros pour vivre dans l’un des quartiers les plus prestigieux de la capitale.
Cette stratégie d’acquisition, pilotée par l’équipe d’Anne Hidalgo, vise à enrichir les Parisiens et à débloquer l’offre immobilière dans la ville. Cependant, l’opposition conteste ces arguments, pointant du doigt le coût élevé de ces préemptions, qui est finalement supporté par les contribuables au profit de quelques familles triées sur le volet. Rachida Dati, première opposante d’Emmanuel Grégoire dans la course à l’Hôtel de ville, affirme : « Si je suis élue, je ne ferai plus de préemption. » Au début du mois de février, lors de la présentation de son programme économique, la maire du 7e arrondissement a déclaré vouloir mettre fin à ce qu’elle considère comme une gabegie financière, « qui coûte aux contribuables entre 250… »
Vous avez envie de lire la suite ?
Débloquez tous les articles immédiatement.
Déjà abonné ? Connectez-vous
