Huit hommes et trois femmes, soupçonnés d’être impliqués à des degrés divers dans la mort du militant nationaliste, ont été placés en garde à vue mardi et mercredi.
L’enquête pour « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs dans l’intention de commettre un délit » s’accélère. Deux personnes, suspectées d’être impliquées dans la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, ont été interpellées et placées en garde à vue, mercredi 18 février dans la matinée, selon une source policière. La veille au soir, neuf personnes avaient déjà été placées en garde à vue. Voici ce que l’on sait de ces 11 interpellations.
Des arrestations coordonnées, notamment en région lyonnaise
Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, a été frappé jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d’une conférence de l’eurodéputée La France insoumise, Rima Hassan, à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui organisaient un happening. Souffrant d’un grave traumatisme crânien, le jeune homme est décédé samedi.
Les arrestations se sont déroulées entre mardi soir et mercredi matin. Neuf personnes ont été arrêtées mardi soir lors d’opérations coordonnées dans la région lyonnaise, mais aussi en Haute-Loire, en Isère, dans la Drôme et dans l’Aisne, a précisé le parquet de Lyon. Deux autres l’ont été mercredi matin à Saint-Priest (Rhône), selon le communiqué du parquet de Lyon.
« Sur les onze personnes interpellées, sept d’entre elles sont actuellement placées en garde à vue pour homicide volontaire, violences aggravées de trois circonstances avec ITT inférieure à huit jours et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement », a précisé le procureur de la République. Les quatre autres personnes gardées à vue le sont du chef de mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches.
Mercredi soir, le parquet de Lyon a également annoncé que les gardes à vue de neuf des onze personnes interpellées avaient été prolongées de 24 heures supplémentaires.
Deux collaborateurs parlementaires, dont un fiché S, arrêtés
Guillaume A., Alexis C., Paul L., Dimitry V., Jules P. … L’identité des personnes suspectées d’être mêlées à l’agression du jeune militant nationaliste se précise. Parmi les onze personnes arrêtées, huit sont des hommes et trois des femmes, selon des sources policières à France Télévisions.
Certaines étaient déjà connues pour des faits de violence. Selon les mêmes sources, deux des interpellés, Alexis C. et Robin C., sont fichés S pour leur appartenance à la Jeune Garde, un groupe antifasciste créé en 2018 à Lyon et dont la dissolution a été prononcée en juin 2025 avant de faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’État. Le groupe avait affirmé dimanche ne pas être « responsable » de la mort de Quentin Deranque.
Parmi les personnes interpellées, on compte deux collaborateurs parlementaires, tous deux recrutés dans les rangs de la Jeune Garde. Robin C., engagé à l’Assemblée nationale comme collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, a été arrêté mardi pour « mise à disposition de moyens pour se soustraire aux recherches », a confirmé mercredi 18 février à franceinfo le procureur de la République de Lyon.
Jacques-Elie Favrot, lui aussi attaché parlementaire de Raphaël Arnault, a également été placé mardi en garde à vue pour étudier son implication dans l’affaire. Le collaborateur du député a « cessé toutes ses activités parlementaires », a écrit l’élu sur le réseau social X, précisant avoir engagé dès lundi « les procédures pour mettre fin à son contrat ».
Comme elle l’avait déjà fait pour Jacques-Elie Favrot, la présidente de l’Assemblée nationale a annoncé sur X avoir « suspendu » les droits d’accès à l’Assemblée nationale de Robin C. Yaël Braun-Pivet précise que le contrat de travail de ce collaborateur « a été établi avec son député-employeur sous son vrai nom » mais que son « nom d’usage », « Robin Michel », était utilisé « sur les documents publics liés à ses fonctions », à la demande du député.
Enfin, parmi les autres personnes en garde à vue figure également Adrian B., qui a été stagiaire dans l’équipe parlementaire de Raphaël Arnault. Fondateur de la Jeune Garde, le député est attaqué de toutes parts depuis la mort de Quentin Deranque, en raison de son rôle charnière entre le mouvement antifasciste et La France insoumise.
Sept personnes directement impliquées et quatre « accompagnants »
Quatre de ces 11 personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle annexe dans la mort du militant nationaliste et sept autres sont suspectées de lui avoir porté des coups, a appris France Télévisions de sources proches du dossier. Jacques-Elie Favrot, l’attaché parlementaire de Raphaël Arnault, est suspecté d’avoir porté des coups à Quentin Deranque, a appris France Télévisions de sources concordantes. Il a été placé en garde à vue pour « homicide volontaire ».
Devant plusieurs médias mercredi soir, l’avocat de Jacques-Elie Favrot déclare que son client reconnaît « sa présence sur les lieux » et « la commission de violences » à l’encontre de Quentin Deranque mais nie être « l’auteur des coups qui ont provoqué le décès. »
