Neuf agents du périscolaire ont été suspendus depuis fin janvier en raison de suspicions de violences physiques et sexuelles commises dans une école maternelle du 7e arrondissement à Paris, selon des informations confirmées par la ville de Paris, reprenant une enquête de « Cash Investigation » diffusée sur France 2, qui avait filmé en caméra cachée le comportement de certains agents.
Détails des suspensions
Ces agents, soupçonnés de violences physiques, sexuelles, ainsi que de « posture professionnelle inappropriée », ont été suspendus à titre conservatoire suite à la diffusion de l’enquête le 29 janvier. Selon des sources officielles, « Suite au visionnage de ces images, plusieurs agents identifiés comme auteurs de comportements inappropriés ont immédiatement été suspendus. Dans les jours qui ont suivi, différents signalements nouveaux réalisés par les parents de l’école ont été pris en compte ».
Les neuf agents exerçaient à l’école publique Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement dont Rachida Dati est la maire. Un autre agent de l’école Volontaires, dans le 15e arrondissement, a également été suspendu après avoir été exfiltré fin 2025 suite à des suspicions d’abus verbaux sur des enfants.
Réactions des parents
En outre, environ 73 parents de trois écoles du 7e arrondissement (Rapp, La Rochefoucauld, Saint-Dominique) se sont regroupés pour porter plainte collectivement auprès du parquet de Paris pour « violences volontaires sur mineurs », « mise en danger délibérée d’autrui » et « délaitement d’une personne incapable de se protéger ».
Ces parents ont découvert que leurs enfants « ont pu être placés sous la responsabilité de personnes insuffisamment qualifiées ou, plus encore, d’individus dangereux », comme le souligne la plainte. Il est important de noter que cette plainte ne vise pas des faits de viols ou d’agressions sexuelles.
Selon leur avocat, Me Florian Lastelle, « Si certains parents ont agi collectivement, c’est pour rappeler à l’administration son obligation essentielle : garantir que les enfants confiés à l’école, au périscolaire et aux centres aérés y soient en parfaite sécurité ».
Il a ajouté : « Or des éléments préoccupants imposent aujourd’hui que la justice s’en saisisse afin que toute la lumière soit faite ».
Les préoccupations des parents
Un parent d’élève de l’école Rapp a exprimé ses inquiétudes : « On veut des réponses concrètes et des garanties pour l’avenir. On nous répète à tout bout de champ qu’il y a, du côté de la mairie du 7e, une réserve électorale, mais on s’en fiche un peu, on est inquiets pour la sécurité de nos enfants ».
Demandes politiques
Dans un communiqué, Rachida Dati, candidate LR et MoDem à la mairie de Paris, ainsi qu’une dizaine d’élus de son camp, ont demandé « solennellement » à la ville de Paris de « communiquer la liste précise et à jour des animateurs déplacés ou suspendus et le nombre de signalements en cours dans chacune des écoles parisiennes », à la veille des vacances scolaires.
Rachida Dati a déploré : « Aucune action majeure n’a été mise en place pour connaître l’ampleur des faits commis ». Elle a récemment quitté une réunion du Conseil de Paris dirigée par la maire PS Anne Hidalgo pour dénoncer le « déni » de la majorité face aux violences sexuelles dans le périscolaire.
Réactions aux pressions supposées
Des parents ont rapporté avoir subi des « pressions » de la part d’Emmanuelle Dauvergne, conseillère du 7e arrondissement et membre du cabinet de Rachida Dati au ministère de la Culture, afin de ne pas communiquer sur une plainte contre X déposée en mai 2025 pour des faits de nature sexuelle. Interrogée par l’AFP, Emmanuelle Dauvergne a nié toute pression, précisant qu’elle était au courant d’une plainte, mais que cela ne concernait pas des faits à caractère sexuel.
Elle a également souligné que les animateurs dépendent de la Caspe (circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance) et non de la mairie d’arrondissement.
Une parent d’élève de Saint-Dominique a commenté : « Aujourd’hui, je ne pardonne pas à la ville, je ne pardonne pas à la mairie, je ne pardonne pas à tous ceux qui savaient et qui ont tout fait pour cacher, qui ont même été contre nous quand on a demandé un audit de l’établissement au mois d’octobre-novembre ».
