Les auditeurs s’interrogent sur l’absence de couverture de certains sports à l’antenne, sur la place accordée au sport féminin et sur le dispositif prévu pour les JO de Milan-Cortina.
Publié le 31/01/2026 à 16:00
Temps de lecture : 5 min
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Les anneaux olympiques trônent déjà en Italie, pour les Jeux de Milan-Cortina. (KEITA IIJIMA / YOMIURI / VIA AFP)
Pour répondre aux auditeurs inquiets de la place accordée au sport féminin sur franceinfo, et pour évoquer les Jeux de Milan-Cortina, Emmanuelle Daviet a invité Nathalie Iannetta, directrice du service des Sports de Radio France.
Emmanuelle Daviet : Une remarque revient fréquemment dans les messages cette semaine. « Depuis deux mois, les équipes de France de biathlon hommes et femmes remportent des victoires successives, mais aucune info sur l’antenne. Pourquoi cet ostracisme à l’égard de ce sport ? »
Nathalie Iannetta : J’imagine que cet auditeur fait aussi référence à Eric Perrot, qui a brillé le week-end dernier sur les pistes de la République tchèque, où il a remporté la mass start de Nové Mesto. Certes, nous n’étions pas sur place, mais nous en avons quand même parlé tout au long de la journée. Nous avons même entendu Eric Perrot une fois qu’il a remporté cette course, ce qui est toujours un exploit retentissant (surtout à quelques jours des Jeux olympiques).
En revanche, depuis début décembre et la campagne de biathlon qui s’est enclenchée, les auditeurs sont un peu injustes, parce que nous étions notamment au Grand Bornand pour les exploits, entre autres, de Lou Jeanmonnot et des filles qui cartonnent (et qui sont nos plus grands espoirs de médaille aux Jeux). D’ailleurs, hommes ou femmes, le biathlon est la discipline dans laquelle les Français tiennent tête aux grandes nations que sont la Norvège et l’Italie (et un peu l’Allemagne). Donc « ostracisme » est un terme qui me paraît un peu fort pour le biathlon, qu’on aime beaucoup sur les antennes de franceinfo.
On poursuit avec cette question d’une auditrice : « Seriez-vous capable d’appliquer la parité aux informations sportives et de parler autant de sports féminins que de sports masculins ? »
Sans doute, on pourrait le faire. La vérité, et nous devons le reconnaître, c’est que nous ne sommes pas à cette parité. Nous essayons d’y tendre au maximum, or cela dépend aussi, soyons honnêtes, de l’intérêt des compétitions. On se pose ces mêmes questions quand il s’agit de garçons. Pour le moment, j’essaie de faire tenir à mes équipes un petit tableau de stats, pour savoir où on en est : combien de fois on a parlé de sport féminin (et quel sport), combien de fois on a parlé de sport masculin. Nous ne sommes pas à 50-50, nous sommes plutôt autour de 35-65. L’objectif est évidemment de rééquilibrer, d’autant qu’il y a des compétitions (notamment les Jeux olympiques) où les compétitions sont paritaires.
Précisément, les Jeux olympiques d’hiver 2026 se déroulent en Italie, à partir de vendredi prochain. Quel dispositif est prévu sur franceinfo pour suivre cette édition très attendue ?
Très attendue. Et très inédite parce que, pour la première fois, ces Jeux seront répartis sur plusieurs sites très éloignés les uns des autres. La cérémonie d’ouverture, par exemple, aura lieu à San Siro, le stade de foot de Milan. Mais les délégations, et notamment la délégation française, seront dispatchées sur 4 sites à Livigno, Predazzo et à Cortina. Nous serons sur ces 4 sites en même temps.
Nous suivrons le ski alpin féminin sur la mythique piste de l’Olympia à Cortino, le ski alpin masculin à Bormio. Bien sûr, le biathlon, l’une des disciplines qui soulève le plus d’espoirs de médailles pour la délégation française. On ne manquera pas les hockeyeurs ni les hockeyeuses, qui font leur grand retour pour les garçons aux Jeux olympiques et pour les filles, c’est une première. Tous les autres grands champions et championnes tricolores auront leur « rond de serviette » pendant 15 jours sur l’antenne de franceinfo.
Je sais qu’à chaque édition des Jeux olympiques vous passez des consignes pour que les journalistes et présentateurs de journaux n’emploient plus le mot « breloques » pour désigner des médailles. Pourtant, à chaque édition, je reçois des mails d’auditeurs très contrariés d’entendre ce terme totalement inapproprié. Allons-nous y échapper cette année ?
Pour faire la chasse à ce terme – totalement inapproprié, les auditeurs ont bien raison –, j’ai décidé de « pénaliser » (amicalement) chacun ou chacune qui prononcera ce mot sur l’antenne de franceinfo. Qu’il soit présentateur ou journaliste de la direction des sports, ce sera 1 euro dans une cagnotte ! J’espère qu’on n’aura pas de quoi aller manger ensemble…
