Mercredi soir à la Bellevilloise, haut lieu culturel du 20e arrondissement, s’est tenu le premier meeting de campagne de la liste d’union de la gauche pour la conquête de la mairie de Paris, emmenée par Emmanuel Grégoire. Cette rencontre a rassemblé de nombreux militants, marquant un moment clé dans la campagne.
Une Mobilisation Élargie
En bon maître de cérémonie, Eric Pliez, maire du 20e arrondissement, a rapidement captivé son auditoire avant l’arrivée de leur champion sur scène : Emmanuel Grégoire, qui dirige la liste de l’union de la gauche (hors LFI). Face à lui, quelque 2 000 militants socialistes, communistes, écologistes ainsi que des membres des mouvements Place Publique et de l’Après, s’étaient massés devant l’estrade. L’atmosphère était électrique, chaque intervenant s’efforçant de célébrer l’union sous les lumières vives de la Bellevilloise, un lieu emblématique du nord-est de la capitale.
« On souhaite vraiment que ça crée une réelle dynamique et qu’on puisse justement avec cette dynamique gagner et arriver en tête au premier tour », espérait Colin, militant chez « Les Écologistes ». De son côté, Gaspar, qui se situe politiquement entre « Place Publique » et « Les Écologistes », a ajouté : « J’ai l’impression qu’on a vraiment envie tous d’y croire et que nous sommes unis pour nous engager dans la mobilisation. Ça va être assez rapide, il y a deux mois de campagne finalement. »
Des Défis à Relever
La campagne actuelle, qui ne durera que huit semaines, promet d’être courte et intense. Elisabeth, également membre des « Écologistes » du 19e arrondissement, a déjà commencé à arpenter les rues. Elle a toutefois exprimé des préoccupations : « C’est bien que ça soit uni mais il manque quand même LFI. C’est un peu le truc qui ne va pas bien. »
Les derniers sondages suggèrent qu’Emmanuel Grégoire et sa liste d’union de la gauche sont en tête pour le premier tour des municipales, devant la candidate de droite, Rachida Dati. Cependant, deux autres candidats, Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, et l’Insoumise Sophia Chikirou, pourraient également se maintenir pour le second tour, ce qui rendra le scrutin très compétitif.
« Ce sera un duel, a priori, entre Dati et Grégoire et a priori aussi, Chikirou va rejoindre Grégoire. Bournazel rejoindra Emmanuel Grégoire même si tous ses votes n’iront pas à gauche », a tenté de se rassurer Gaspard. « C’est clair qu’au second tour, si nos camarades insoumis font plus de 10 % au premier tour, on n’aura pas d’autre choix que de se rassembler au second », a calculé Gaëlle.
Priorités du Programme
Lors de ce meeting, Emmanuel Grégoire a abattu sa carte maîtresse sous les ovations de la foule, en exposant les piliers de son programme. « Le logement sera la priorité absolue de notre mandat », a-t-il déclaré, annonçant la création de 60.000 logements sociaux et abordables, tandis que d’autres thèmes comme les tarifs des cantines scolaires et la végétalisation ont également été salués par les militants.
On a aussi besoin de propositions encore plus ambitieuses que ce qui a pu être fait avant, notamment pour la santé, pour aider les plus précaires.
Gaëlle, militante « Les Écologistes »
« On va parler aux gens dans la rue, dans nos entourages aussi, pour présenter les solutions parce qu’il n’est pas question de s’asseoir sur un bilan, enfin, en tout cas, de bâtir une campagne que sur un bilan », a précisé Frédéric. Il a souligné qu’il était crucial de montrer que la gauche de transformation à Paris fonctionne et qu’elle peut façonner la ville différemment pour mieux lutter contre la place de la voiture, mieux végétaliser et mieux protéger les enfants dans les écoles.
Critiques et Attaques
Emmanuel Grégoire n’a pas hésité à critiquer sa principale rivale, Rachida Dati, ainsi que la candidate du parti d’Eric Zemmour, Sarah Knafo, qui est créditée de 8 % à 9 % des suffrages selon les derniers sondages. « Dès 2026, les factions d’extrême droite veulent faire de Paris le laboratoire trumpiste de l’union de la droite et de l’extrême droite, de Madame Dati à Madame Knafo. Paris ne sera pas votre labo facho ! », a-t-il lancé aux militants, soulignant l’urgence de battre cette droite réactionnaire qui pourrait prendre Paris demain. Gaëlle a conclu : « Il serait inimaginable que ça arrive. Ce serait des reculs absolument désastreux pour tout le monde et pour certaines personnes en particulier. »
