Les faits sont particulièrement graves. Un policier a été accusé d’enlèvement et de viol sur une mineure de 17 ans le 31 janvier 2025. Il a été présenté jeudi 15 décembre après-midi à un juge d’instruction, selon les informations de parquet d’Angoulême. Le procureur a précisé que la détention provisoire a été demandée par le parquet « à titre de mesure de sûreté. »
Détails de l’affaire
Agé de 45 ans, l’agent a été interpellé mardi matin dans la commune de Nersac, située à 10 kilomètres à l’ouest d’Angoulême, où il réside. Il est soupçonné d’avoir enlevé et violé une adolescente de 17 ans alors qu’elle se rendait à l’arrêt de bus, situé à 300 mètres de son domicile il y a presque un an, à Nersac. Armé d’un couteau et encagoulé, il l’aurait forcée à monter dans sa voiture pour l’emmener dans un bois, où il l’aurait violée, avant qu’elle parvienne à s’enfuir.
Autres agressions suspectées
Le parquet d’Angoulême a indiqué que le policier est également suspecté d’avoir commis cinq autres agressions récentes : le 19 novembre 2025 à Nersac, le 26 décembre 2025 à Saint-Michel, le 1er janvier 2026 à Angoulême, le 5 janvier 2026 à Gond-Pontouvre et le 6 janvier 2026 à Nersac. Les victimes de ces faits ont entre 18 et 61 ans.
Mode opératoire
A quatre reprises, le suspect a agi selon le même mode opératoire : il baissait sa vitre, son visage était partiellement dissimulé, et il tendait une arme de poing vers ses victimes pour les forcer à monter dans sa voiture en prononçant les mots : « monte, ou je te bute. » À chaque fois, les femmes ont réussi à prendre la fuite. Le mis en cause, formateur technique au commissariat d’Angoulême, « n’est pas en charge d’enquêtes, » précise le parquet.
Agression du 6 janvier
Dans le cas d’agression survenue le 6 janvier dernier, une femme a rapporté avoir été violemment attaquée par un homme qui avait surgi derrière elle, l’avait fait tomber et lui avait ordonné de monter dans sa voiture. La victime a réussi à sortir un canif, mettant ainsi en fuite son agresseur « dont elle fournissait un signalement vestimentaire et physique précis. »
Enquête et reconnaissance des faits
Les enquêteurs ont retrouvé le suspect grâce aux « investigations de téléphonie et de vidéo-surveillance. » Ils ont ainsi pu identifier le véhicule utilisé, les déplacements de son propriétaire, et prouver sa présence géolocalisée lors de chacune des cinq agressions. En garde à vue, « après avoir contesté les faits lors d’une première audition, » le suspect a finalement « reconnu l’ensemble des six faits. » Le parquet précise que les cinq faits les plus récents sont qualifiés « en tentatives d’enlèvement, » tandis que les crimes du 31 janvier 2025 sont qualifiés d’« enlèvement, séquestration pour faciliter un crime, agression sexuelle avec arme et viol avec arme. »
