La marche en hommage à Quentin Deranque, prévue pour le samedi 21 février, suscite des craintes parmi les riverains et les élus locaux du 7e arrondissement de Lyon. Bien que son interdiction soit envisagée pour prévenir des débordements, cela pourrait également inciter à des rassemblements non autorisés. La préfecture doit se prononcer définitivement sur l’organisation de cet événement ce vendredi.
À 48 heures de cette marche blanche, les autorités locales appellent la préfecture à interdire la manifestation. Le cortège est programmé pour s’élancer de la place Jean Jaurès à 15h, et devrait arriver près du lieu de l’agression de Quentin Deranque, situé à environ 1 km de ce point de départ. Les parents de la victime, bien qu’ils ne participeront pas, demandent du calme, de la retenue et surtout l’absence d’expressions politiques. Cependant, l’affiche de la marche cible l’extrême gauche avec le slogan « justice pour Quentin tué par les antifas », ce qui laisse craindre des affrontements potentiels.
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Dans ce contexte potentiellement explosif, la maire du 7e arrondissement, Fanny Dubot, exprime ses préoccupations. Elle souligne une « atmosphère de tension politique » entourant cet événement et indique avoir reçu de nombreux témoignages de commerçants et d’habitants inquiétés. « On a un certain nombre de messages qui nous arrivent, nous disant que l’appel à cette marche circule dans des réseaux d’extrême droite, même à l’international, qui peuvent s’avérer dangereux. Dans le climat actuel, il n’est pas souhaitable que cette marche se tienne, surtout dans le 7e arrondissement qui a été ébranlé ces derniers jours », déclare-t-elle.
Bien que le tracé exact de la manifestation ne soit pas encore connu, la proposition des organisateurs de conclure la marche sur le site de l’agression soulève des inquiétudes quant à la sécurité. « C’est une petite rue, qui est contre la voie ferrée, cela met en danger tout le monde, y compris les habitants de cette rue », ajoute Fanny Dubot.
« Face aux risques avérés de troubles à l’ordre public, à la crainte de la présence de militants d’extrême droite venus de toute la France et de pays frontaliers, aux menaces à l’encontre d’élus ainsi qu’aux dégradations de permanences parlementaires, il apparaît que, pour garantir un cadre serein et prévenir toute violence, l’interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable. »
Grégory Doucet, maire de Lyon
Le président Emmanuel Macron a également appelé au calme et à la retenue, dénonçant toute spirale de violence dans la sphère politique et exhortant les extrêmes à « faire le ménage dans leurs rangs ».
Cette marche fait partie d’un débat très polarisé autour du décès de Quentin Deranque. Certains groupes accusent des militants antifascistes ou la gauche radicale de sa mort, tandis que d’autres mettent en avant le climat de violence engendré par l’extrême droite à Lyon, ce qui a conduit à la création de la Jeune Garde antifasciste en 2018.
Des tracts et messages circulent dans le 7e arrondissement appelant à « tenir tête aux racistes et à la police qui les protègent » ou à « l’autodéfense populaire ». Ces appels suscitent des inquiétudes quant aux possibles contre-mobilisations qui pourraient survenir samedi.
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La préfecture annoncera sa décision finale demain, vendredi. Les autorités doivent choisir entre autoriser une manifestation à encadrer ou réagir en urgence face à des manifestations sauvages potentielles.
