Jeudi 5 février, le militant anti-narcotrafic et candidat aux élections municipales à Marseille, Amine Kessaci, a été exfiltré en urgence lors d’un meeting politique à Aix-en-Provence, suscitant une vive réaction politique et l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste connu pour son combat contre le narcotrafic dans les quartiers nord de Marseille, était présent jeudi pour soutenir le député PS Marc Peña, tête de liste d’union de la gauche pour les municipales. Lors d’une conférence de presse en amont du meeting, une alerte de sécurité a déclenché son évacuation immédiate et confidentielle vers un lieu sécurisé, a révélé Le Parisien.
Une alerte prise au sérieux, le militant exfiltré en urgence
D’après les informations du Parisien, cette exfiltration a été décidée après une alerte sur la présence d’une balise GPS sous l’un des véhicules du cortège policier. Une enquête a été ouverte par la JIRS de Marseille pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée« , ajoute BFM Marseille.
Il faut combattre le narcotrafic partout. Et je ne saurais vous dire quelle ville n’est pas frappée par ce fléau.
Sa venue au meeting était restée secrète. Marc Peña et ses équipes avaient juste parlé de « surprise ». Le soutien d’Amine Kessaci devait être annoncé lors du meeting.
On y va.
Mais quelques minutes avant le début du meeting, alors que les journalistes échangeaient avec le militant, son service de sécurité lui a intimé de partir sur-le-champ. Dans un calme implacable et en s’excusant, Amine Kessaci a été exfiltré rapidement, renforçant l’image d’un jeune homme traqué mais déterminé dans son combat. Au même moment où il parlait des problèmes de narcotrafic qui gangrènent Aix-en-Provence.
Ce matin, je me suis levé, comme le 14 novembre, en me disant que je ne me tairai pas, en me disant que c’est là, justement, que l’action, elle devient concrète.
« Lorsqu’on a commencé ce point, cette conférence de presse qui devait se suivre d’un meeting, d’une prise de parole de ma part, mes services de sécurité, à qui je veux dire un grand merci, qui ont réagi avec beaucoup de sang-froid, avec beaucoup de professionnalisme, m’ont extrait, m’ont emmené dans un lieu sûr, parce qu’il était état d’une menace imminente à mon encontre », a déclaré Amine Kessaci à l’AFP ce vendredi 6 février.
Enquête judiciaire et saisie du parquet anticriminalité
Selon Le Figaro, le doute a été levé après une inspection complète et rigoureuse de l’ensemble des véhicules de police. « Aucune balise n’a été découverte. Il y a eu une ouverture d’enquête suite à l’arrivée de cette information. Les véhicules ont été inspectés, mais il n’y avait pas de balise. »
Une enquête judiciaire a été ouverte à la suite de cet incident. Elle a d’abord été menée par la Brigade de répression du banditisme (BRD) de la police judiciaire de Marseille, puis a été saisie ce vendredi par le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), qui a pris la main sur les investigations, notamment pour des faits qualifiés de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en bande organisée.
Les magistrats parisiens se penchent désormais sur ces soupçons de menaces pesant sur le militant, dont les circonstances précises restent à éclaircir.
Un militant sous protection et un contexte dramatique
Amine Kessaci vit sous protection policière depuis l’été 2025, après des menaces répétées liées à son engagement contre les trafics. Cette surveillance a été renforcée après l’assassinat de son petit frère Mehdi, 20 ans, à Marseille le 13 novembre, un acte qui avait profondément choqué la ville et été qualifié de crime d’intimidation possible par le parquet marseillais.
Je ne me tairai pas.
Déjà en 2020, un autre de ses frères, Brahim, avait été tué dans des conditions violentes liées au narcotrafic, rappelant l’ampleur du fléau qui inspire l’engagement d’Amine.
Fin janvier, Amine Kessaci avait annoncé sa candidature sur la liste du Printemps marseillais menée par Benoît Payan dans une coalition allant des socialistes aux communistes, en passant par les écologistes. Il était arrivé sous escorte, entouré de gardes aux visages dissimulés pour cette annonce dans un fast-food solidaire des quartiers Nord de Marseille.
Déjà, lors de cette annonce, il pointait du doigt la nécessité de composer avec l’imposant dispositif de protection policière qui l’entoure depuis l’assassinat de son jeune frère. « Il fera campagne à sa manière. Nous ne mettrons personne en danger », avait précisé Benoît Payan.
« C’était la première fois. C’était la première fois qu’on vient d’une telle force, d’une telle précipitation, avec parfois des scènes violentes aussi, de se faire prendre, arracher, dormir ailleurs. Ce sont des choses qui ne sont pas simples à vivre, d’être jusqu’à 3 h du matin dans un commissariat, de ne pas pouvoir dormir chez soi, de dormir ailleurs, de faire des nuits d’une heure à deux heures de sommeil. Ce ne sont pas des choses qui sont simples à porter », a détaillé Amine Kessaci.
Réactions politiques et détermination affichée
Dans les heures qui ont suivi son évacuation, le militant a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat public contre le narcotrafic, déclarant qu’il ne se tairait pas malgré les menaces. Il a indiqué qu’il pourrait adapter sa manière de faire campagne, notamment en privilégiant les médias et les réseaux sociaux, tout en restant présent sur le terrain lorsque cela est possible.
« Un jeune homme de 22 ans qui ose affronter la mafia, les narcotrafiquants, les narco-terroristes, vit sous protection policière, ce que personne ne devrait vivre. Et alors ? Cela ne nous fera pas changer. Et je continuerai de leur dire, droit dans les yeux, et il le fera ‘on n’a pas peur de vous’. Et on viendra à bout de cette pieuvre », a précisé Benoît Payan.
Amine Kessaci a tout mon soutien. On ne fera jamais taire celles et ceux qui s’engagent pour la sécurité, la justice et la dignité à Marseille. La République ne cède pas à la peur.
Le maire de Marseille et candidat pour les municipales 2026, Benoît Payan, a lui aussi exprimé son soutien, soulignant que malgré les risques, Kessaci ne renoncerait pas à son engagement.
« Vous savez, on ne peut pas s’habituer à vivre sous protection policière. La vie d’un jeune homme, d’un activiste, d’un militant de 22 ans
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