La guerre au Moyen-Orient a des répercussions significatives sur le secteur agricole en France. Les exploitants céréaliers font face à une augmentation préoccupante des prix du carburant et des engrais azotés, suscitant des inquiétudes quant à leur capacité à fonctionner alors que le prix du blé demeure très bas.
Les défis des exploitants céréaliers
Pour cultiver leurs céréales, les exploitants ont besoin d’engrais, essentiels pour améliorer la qualité du blé et garantir un rendement acceptable. Malheureusement, le coût de fabrication de cet engrais dépend du gaz, dont le prix a doublé depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Les agriculteurs constatent déjà un impact immédiat : les tarifs des engrais ont augmenté de 15 à 30 %. « L’engrais qui est en stock chez le fabricant et le fournisseur, c’est de la marchandise qui n’était même pas chère. Ils n’ont pas eu la hausse pour faire cet engrais-là. C’est appliqué tout de suite. Quand c’est dans l’autre sens et que ça baisse, ils nous disent toujours qu’il faut finir les stocks qui sont chers et que ça va baisser après. Là, c’est immédiat […]. Il y a de la spéculation, il y en a qui s’enrichissent avec la guerre, c’est clair », déclare Frédéric Prégeant, exploitant céréalier et président de la Coordination rurale du Loir-et-Cher.
La flambée des prix du carburant
Un autre problème majeur pour les agriculteurs est l’augmentation du prix du carburant. Alors que les semis de printemps s’annoncent, le coût du gazole non routier, utilisé pour les engins agricoles, a fortement augmenté. Cette situation devient intenable pour certains exploitants céréaliers.
« En l’espace de dix jours, on est passé de 650 euros le mètre cube à plus de 900 euros. Je ne sais pas comment on va s’en sortir […]. C’est ingérable ! On n’arrive pas à se gérer, à se couvrir, on n’a pas la trésorerie, on est dans une énorme panade », confie François-Xavier Rone, un exploitant céréalier.
Anticipations et incertitudes
Frédéric Prégeant, quant à lui, se montre prudent. « Personnellement, je vais attendre, mais se pose la question de savoir si on doit ensemencer nos parcelles. À un moment, les banques vont dire stop et c’est déjà le cas pour certaines exploitations », alerte-t-il.
La guerre au Moyen-Orient pourrait également provoquer une hausse des cours du blé. Actuellement, le prix est figé à 175 € la tonne, mais il faudrait qu’il dépasse 200 € pour éviter aux céréaliers d’être en déficit.
