Ce jeudi 15 janvier 2026, une cinquantaine d’agriculteurs se sont réunis devant le port de Sète pour contrôler les camions, dans le but de dénoncer la concurrence déloyale étrangère. Lors de cette action, des agriculteurs de l’Hérault, du Gard et de la Lozère se sont improvisés douaniers, brandissant des brassards portant l’inscription « douane agricole FD/JA ».
À l’entrée du port, ils ont arrêté des poids lourds à la recherche de produits agroalimentaires concurrents. Un membre de la FDSEA a déclaré : « Le monde entier transite par là », en observant un autre camion qui arrivait. David Sève, le président de la FDSEA dans le Gard, a expliqué : « On contrôle un petit peu les camions, voir ce qui rentre, voir ce qu’ils vont charger. Je pense qu’ils ont dû se donner le mot, parce que pas grand-chose ne sort. Le but, c’est de brasser sur l’agriculture qu’on importe et qu’on ne veut pas. »
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À quelques jours de la signature du Mercosur, les agriculteurs se disent désabusés. François Demessaz, un éleveur, a partagé ses préoccupations : « Avec la dermatose nodulaire contagieuse, on a quand même eu un contexte sanitaire au niveau de l’élevage bovin pesant lourd, traumatisant pour certains. Derrière, on a ces échanges-là avec le Mercosur. Ça commence à faire beaucoup. »
Les ostréiculteurs étaient également présents, dénonçant les restrictions sur la vente des coquillages de l’Étang de Thau, valables jusqu’au 21 janvier, en raison d’un déversement d’eaux usées suite aux intempéries de la fin d’année 2025. Gaëtan Gigliano, un ostréiculteur, a déploré : « On est tout plein de jeunes. Moi, je viens de m’installer et on a déjà une fermeture. Ça représente 30 % de notre chiffre d’affaires annuel. On a demandé que des choses soient débloquées. Pour le moment, on a rien. »
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Dès 7 heures du matin, le rond-point du port a été partiellement bloqué. Cette action symbolique s’inscrit dans un mouvement plus large visant à dénoncer la politique d’importation, même si certains automobilistes expriment leur incompréhension. Une automobiliste a commenté : « Leur combat, je suis d’accord, mais pas contre nous, pas en nous emmerdant. Nous, on y est pour rien, on ne peut pas les aider. C’est à l’Europe, à la France et au gouvernement de faire quelque chose, ce n’est pas aux pauvres travailleurs qui vont travailler. » À l’inverse, un autre conducteur a approuvé la démarche :
Qu’ils continuent, ça m’emmerde, mais qu’ils continuent. Je dois aller chercher ma petite-fille pour l’emmener à l’école, mais c’est pas grave ça.
Les agriculteurs ont été reçus par le port de Sète, qui a précisé que les produits importés concernent surtout des fruits exotiques. Le barrage devrait durer jusqu’à la fin de la journée.
