Dans un contexte de tension internationale et de blocage du détroit d’Ormuz suite à la guerre au Moyen-Orient, le prix des carburants grimpe. Alors certains Français ont décidé de se fournir en Belgique, obtenant un prix moindre.
Les Français traversent la frontière pour des prix plus bas
À Péruwelz (Belgique), face à la flambée du prix des carburants, les Français n’hésitent pas à passer la frontière, à la recherche de bonnes affaires. Pistolet en main, le constat est le même pour tous : « C’est moins cher, c’est vraiment moins cher », assurent des propriétaires de voitures à la pompe à essence.
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En Belgique, comptez 1,77 euro par litre d’essence sans plomb 95 et environ 1,90 euro pour le diesel. Des chiffres fixés par l’État, en hausse, de plus en plus proches de ceux de la France. De quoi freiner l’afflux des automobilistes selon Jean-Benoît Schrans, spécialiste, porte-parole d’Energia, Fédération pétrolière belge, qui exprime que « maintenant que le niveau des prix est arrivé au même niveau que les prix français, il n’y a plus beaucoup de différence qui motiverait les Français ou les Néerlandais à venir s’approvisionner en Belgique. »
Pénuries anticipées et inquiétudes des consommateurs
À Quiévrain (Belgique), près de Valenciennes, c’est une pénurie de diesel qui favorise la station-service belge voisine. Peu importe le tarif, ces clients veulent anticiper. « Avec tout ce qu’on entend, les pénuries, on a peur aussi de se retrouver à cours. Donc, on prend nos précautions », explique un homme d’une cinquantaine d’années, venu faire le plein.
Difficile de prédire les futurs prix des carburants et la différence entre les deux pays, mais le gouvernement français rappelle : il n’y aurait aucun risque de pénurie. À Lille, ces derniers jours, beaucoup exprimaient leur colère contre les prix en hausse du carburant. « Bien sûr, ça a augmenté », pestait ainsi un automobiliste.
Certains, comme Anne, semblaient résignés. « Iran ou pas, c’est comme ça depuis des années, les prix varient, c’est comme ça… On n’a pas le choix. » Après plusieurs semaines d’accalmie sur le front des carburants, la crainte d’une nouvelle flambée des prix était ainsi ravivée chez la plupart des automobilistes.
Une crise durable dans le secteur
Jusqu’à quand cette crise va-t-elle durer ? Pour Kevin Johnson, directeur de l’entreprise De Sloover Energies, les particuliers risquent d’être pénalisés. « Les fournisseurs vont nous dire qu’ils réservent le peu de stock disponible et des prix corrects aux professionnels. Par exemple, la livraison de stations-service ou les agriculteurs qui utilisent du GNR. Mais les particuliers, eux, seront les premiers privés de fioul ou de pétrole. » Cela ne fait qu’augmenter l’inquiétude des consommateurs déjà tributaires des soubresauts de la géopolitique, quatre jours seulement après le début de la guerre au Moyen-Orient.
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Dans la cour de l’entreprise De Sloover Energies, à Orchies, spécialiste de livraison de fioul, de gaz et de pétrole, les camions partaient les uns après les autres. Alain Lebrun, livreur, enchaînait les tournées. Au volant de son camion-citerne, il racontait : « là, c’est la course. Il faut vraiment se dépêcher, être rigoureux sur les horaires, parce qu’on a plus de clients à livrer. » Dans la région, environ 200.000 foyers se chauffent au fioul et sont concernés.
Reportage de Laurie Colinet et Bertrand Théry en Belgique et de Léo Marron, à Lille.
