Au premier jour de la visite du président des États-Unis en Chine, jeudi, les deux dirigeants n’ont pas manqué de sujets de discussion, et de discorde. Accueilli en grandes pompes mercredi soir à Pékin par le président chinois Xi Jinping, Donald Trump a démarré jeudi 14 mai son déplacement officiel. C’est la première visite en Chine d’un président américain depuis celle que Donald Trump avait lui-même effectuée en 2017 lors de son premier mandat de président des États-Unis. Ce sommet est l’occasion pour les deux dirigeants d’évoquer de nombreux dossiers géopolitiques ou commerciaux et plusieurs crises internationales.
Publié le 14/05/2026 à 23:29
Temps de lecture : 3 min
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Un risque de « conflit » au sujet de Taïwan
Xi Jinping a alerté son homologue sur le risque de « conflit » entre les deux pays au sujet de Taïwan. L’île sous gouvernement démocratique, soutenue par les États-Unis et considérée par Pékin comme une province à réunifier avec la Chine, est la question « la plus importante dans les relations sino-américaines », a déclaré le président chinois. « Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a-t-il prévenu, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.
La Maison Blanche n’a pas évoqué Taïwan dans son compte-rendu des entretiens. Donald Trump s’exprimera sur la question « dans les prochains jours », a déclaré le ministre des Finances, Scott Bessent, au média américain CNBC.
Une aide de Pékin pour rouvrir le détroit d’Ormuz ?
Xi Jinping « a dit qu’il ne fournirait pas de matériel militaire » à son allié iranien, a assuré Donald Trump lors d’une interview à la chaîne Fox News. « Il l’a affirmé avec force », a dit le président américain, ajoutant que son homologue chinois souhaitait « voir le détroit d’Ormuz ouvert » et qu’il avait d’ailleurs proposé son aide pour tenter de rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran depuis le début de l’attaque américano-israélienne le 28 février. « Il a dit : ‘Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider », a assuré Donald Trump.
Selon la Maison Blanche, M. Xi a exprimé son intérêt pour acheter davantage de pétrole américain afin de réduire sa dépendance au détroit d’Ormuz. La Chine n’a pas évoqué un tel intérêt dans son compte-rendu. L’agence iranienne Tasnim a annoncé jeudi que les forces iraniennes avaient autorisé depuis la veille le passage de « plusieurs navires » chinois.
« Des partenaires, pas des rivaux » sur le plan commercial
Alors que les deux superpuissances se sont livrées en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, ils semblent désormais souhaiter jouer l’apaisement. Xi Jinping et Donald Trump se sont entendus jeudi pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une « relation de stabilité stratégique constructive ».
« Nous devons être des partenaires, pas des rivaux », a affirmé le chef d’État chinois, promettant devant des patrons américains que les portes de son pays allaient « s’ouvrir toujours plus grand ». Donald Trump a emmené avec lui le PDG de Boeing, Kelly Ortberg, mais aussi Elon Musk et les patrons d’Apple ou du géant des puces électroniques Nvidia, parmi d’autres.
Une commande de 200 avions Boeing
Est-ce déjà un signe de ce réchauffement des relations commerciales ? Donald Trump a annoncé à Fox News que la Chine avait accepté d’acheter environ 200 « gros » avions du constructeur Boeing, dont l’action a plongé de plus de 5 % car le marché attendait une commande bien supérieure.
« Je pense que c’est un engagement », a-t-il ajouté, sans autre précision notamment sur les modèles concernés. Des médias américains évoquaient depuis plusieurs mois une commande potentielle record de Pékin portant sur environ 500 avions monocouloirs 737 MAX et une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).
