Les proches du livreur mort en 2020 dénoncent des gestes policiers « volontaires » et réclament des poursuites plus sévères.
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Un nouveau front judiciaire dans une affaire emblématique des violences policières. La famille de Cédric Chouviat a annoncé, jeudi 1er avril, vouloir engager la responsabilité de l’État après la publication d’une décision de la Défenseure des droits, qui pointe un « usage disproportionné de la force » lors de son interpellation en janvier 2020. L’homme de 42 ans, victime d’un malaise, était mort deux jours plus tard. Dans ce document, révélé par Le Nouvel Obs, l’institution établit un « lien de causalité certain » entre les gestes des policiers et la mort de ce chauffeur-livreur.
Pour les avocats de la famille, il ne peut s’agir d’un simple « homicide involontaire ». « On ne peut pas appeler un homicide involontaire des gestes volontaires répétés », a martelé le père de la victime, Christian Chouviat. Les avocats ont également manifesté leur volonté d’« écrire au ministère de l’Intérieur et engager un recours en responsabilité de l’Etat devant les juridictions administratives ».
La décision de la Défenseure des droits, Claire Hédon, relève notamment le caractère dangereux du plaquage ventral appliqué par les policiers à Cédric Chouviat, combiné au port du casque et au menottage. Elle recommande également l’ouverture de procédures disciplinaires contre les policiers impliqués. Six ans après les faits, aucun procès n’a encore été fixé.
Trois policiers ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, mais la famille réclame que les quatre agents présents soient jugés et conteste la qualification retenue, estimant que les faits pourraient relever d’une juridiction criminelle. Les avocats dénoncent enfin un « fonctionnement défectueux de la justice » et l’absence de sanctions administratives, estimant que les policiers ont pu continuer « une vie normale » malgré la gravité des faits.
