Me Corinne Herrmann, avocate et criminologue spécialisée dans les dossiers criminels non résolus, a réagi, vendredi 16 janvier sur Franceinfo, au sujet de la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti. La Cour de cassation a entériné cette prescription malgré les aveux d’un homme, recueillis 36 ans après la disparition de cette mère de famille de 25 ans en 1986 en Isère.
Risques de récidive
Selon Me Herrmann, « laisser un criminel dehors, c’est la pire des choses ». Elle met en avant « des risques de récidive » et considère que la justice n’est « plus en accord avec la société d’aujourd’hui ». D’après ses mots, elle n’est pas non plus « en accord avec la société d’hier et d’avant-hier ».
Un système judiciaire défaillant
Pour la criminologue, la prescription « ne permet pas de rendre la justice plus efficace ». Elle ajoute que « la prescription ne devrait pas exister dans les crimes de sang. C’est inacceptable d’avoir des non-lieux au bout de deux ans, trois ans sur des convictions de magistrats ou de policiers qui finalement n’ont pas fait le travail. »
Me Herrmann affirme que les avocats « affrontent ça tout le temps ». Ils se retrouvent face à « des convictions des magistrats qui ferment un dossier parce qu’ils quittent leur poste tous les trois ans. On l’a vu dans le dossier Estelle Mouzin, on l’a vu dans d’autres dossiers ». Elle souligne que « des magistrats qui n’ont pas envie la plupart du temps, et pour lesquels ces dossiers sont complexes, qui ne s’intéressent pas aux victimes. » L’avocate s’indigne en déclarant : « Tout le monde dysfonctionne sur ces dossiers. »
Appel à l’action
Selon Me Herrmann, « on devrait ne plus avoir de non-lieu ou en tout cas combattre ces non-lieux ». Elle appelle le ministère de la Justice à « réagir », en ajoutant : « Je pense qu’il faudra qu’un projet de loi vienne changer les choses. »
