En Ukraine, les enfants et les adolescents grandissent au milieu des sirènes et des frappes russes, exposés de plein fouet à la violence du conflit. Selon l’UNICEF, plus de 2.500.000 d’entre eux ont été déplacés par la guerre.
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Dimanche 22 février, la petite Milana, qui n’a même pas trois ans, se balade dans les rues de Kiev, la capitale ukrainienne, sur les épaules de son père, emmitouflée dans une combinaison de ski. Sous ses yeux, les débris de la maison des voisins, détruite par un drone. En Ukraine, les enfants et les adolescents qui grandissent dans un pays en guerre se retrouvent trop souvent aux premières loges des horreurs et des bombardements.
Cette atmosphère joue sur l’imaginaire de ces enfants, comme en témoignent ces dessins qui tapissent le mur d’une petite pièce aménagée dans un abri souterrain, au sous-sol d’une gare de la banlieue de Kiev. Des petits matelas, des jeux, des peluches et de quoi dessiner y ont été installés. Or les enfants « dessinent ce qu’ils voient », nous raconte Oksana, comme pour expliquer la multitude de chars et d’uniformes sur les dessins de ces enfants. « Gloire à l’Ukraine et gloire aux héros », est écrit sur un de ces dessins. Le slogan patriotique revient souvent et les enfants ont bien compris qui était le méchant. Vladimir Poutine a le droit à sa caricature sur le mur. Sur une petite table basse, des cahiers de coloriage de l’armée ukrainienne s’entassent, avec toute la panoplie des camions militaires à dessiner.
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Ces enfants ont aussi une scolarité perturbée. Au rythme des alertes et des coupures d’électricité, avec le froid, les écoles de Kiev ont dû fermer au mois de janvier. Plus on se rapproche du front, plus la situation est compliquée. Dans la grande ville de Kharkiv, à moins de 50 km de la frontière russe, des dizaines d’écoles font désormais cours sous terre, parfois dans les stations de métro. Pour les adolescents qui ont déjà connu les perturbations du Covid, il n’y a pas eu d’année scolaire normale depuis six ans.
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Certains enfants ont dû quitter leur maison ou leur pays. D’après une étude de l’UNICEF, parue le 17 février, plus d’un tiers des enfants ukrainiens a été déplacé par la guerre. Plus de 2.500.000 d’enfants sont partis, pour la plupart à l’étranger.
Il y a enfin le cas le plus douloureux, celui de ces enfants ukrainiens déportés de force en Russie. Au moins 20.000 enfants, peut-être plus, ont littéralement disparu des radars. Ils ont été envoyés dans des familles d’accueil ou des camps militaires, avec un passeport russe, un nouveau nom, et l’abolition du moindre lien avec leurs origines. C’est ce qui vaut à Vladimir Poutine un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour déportation et transfert forcé d’enfants.
