Y a-t-il une formule miracle pour avoir des beaux cheveux? Pourquoi les coiffeurs sont-ils si prescripteurs? La coiffure dépense-t-elle trop d’eau? Explications avec notre expert qui lance une courte gamme de soins capillaires.

Gregory DERKENNE
Alors que la préservation des ressources en eau devient un enjeu majeur, de nombreuses marques cosmétiques s’engagent sur la voie de la sobriété hydrique en proposant des formules solides, en poudre et même sans rinçage pour limiter l’utilisation d’eau dans nos salles de bains. C’est le choix qu’a fait le coiffeur Olivier Lebrun avec sa toute première ligne BLOWN, acronyme de Beauty Low On Water & Natural (à partir de 48 € sur blownbeauty.com) dont un astucieux démêlant sans rinçage.
Ce quinquagénaire habitué des défilés et des séries mode de magazines a ouvert son atelier de coiffure et de soins, rue du Louvre à Paris, il y a une dizaine d’années. C’est là qu’il a pu décrypter l’évolution des rituels capillaires de plus en plus tournés vers une approche minimaliste et écoresponsable.
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Francois-Xavier Antonini
LE FIGARO. – Pourquoi lancer une nouvelle gamme capillaire alors que le marché semble déjà surchargé ?
OLIVIER LEBRUN. – Le coiffeur reste le premier des prescripteurs. Beaucoup de femmes ne se contentent plus des formules estampillées « utilisées en salon », elles attendent aussi une expertise, des conseils et le discours des coiffeurs eux-mêmes. Beaucoup lancent d’ailleurs leur marque éponyme, Delphine Courteille, David Lucas, David Mallett, Adrien Coelho… Il faut dire que nous avons une véritable légitimité, nous passons nos journées à toucher la fibre capillaire, à la soigner, à la colorer, à la modeler. Nous savons exactement ce dont elle a besoin. D’ailleurs, la question que l’on me pose le plus souvent est : « Qu’est-ce que je dois acheter comme shampoing ? »
Les femmes ne veulent plus accumuler les produits dans leur salle de bains. Elles veulent réduire les étapes et attendent d’une formule qu’elle fasse tout.
Olivier Lebrun
Shampoing déjà sous forme de mousse et brume, démêlant sans rinçage, vous privilégiez des produits qui nécessitent le moins d’eau possible…
Il est temps que le métier de la coiffure qui en utilise et en gâche beaucoup passe à l’ère de la « sobriété hydrique ». Par exemple, les shampoings classiques à la texture gel sont parfois difficiles à doser, on a souvent tendance à trop en mettre, ce qui les rend fastidieux à rincer. L’alternative plus écolo en version solide nécessite, paradoxalement, beaucoup d’eau aussi mais cette fois pour émulsionner. Au-delà des textures, je me suis également focalisé sur la concentration des formules qui incite à utiliser moins de produit. Le packaging aussi a son importance. Les petits formats encouragent une utilisation plus responsable.
Comment cette approche minimaliste répond-elle aux nouveaux rituels des consommateurs ?
Les femmes ne veulent plus accumuler les produits dans leur salle de bains. Il n’y a pas si longtemps, les marques leur vendaient une gamme pour l’hydratation, une autre pour la couleur, une troisième pour la brillance et elles « alternaient ». Désormais, elles veulent réduire les étapes et attendent d’une formule qu’elle fasse tout. Elles préfèrent un produit signature qui contienne les ingrédients capables d’hydrater, de réparer, de faire briller dans une même bouteille. Ce qui compte aujourd’hui, et c’est la même chose pour le maquillage et les soins de la peau, c’est le résultat instantané. Concernant le cheveu, cela passe forcément par la brillance, signe aussi de bonne santé du cheveu. D’autant qu’une chevelure qui brille, légère au toucher, souple dans son mouvement donne forcément de l’éclat au visage.
