Le 20 avril 2026 à 11h44, le patron du Rassemblement national, Jordan Bardella, doit déjeuner avec le Medef. Toutefois, Yves Pellicier, président de la Maif, souligne un « risque politique majeur » si le parti accède au pouvoir l’année prochaine.

À mesure que l’élection présidentielle de 2027 approche, les opinions politiques se dévoilent, y compris chez les dirigeants d’entreprises. Dans un entretien à Libération, Yves Pellicier déclare que la Maif, qui appartient à France Assureurs, ne sera pas présente à la rencontre avec Jordan Bardella.
Pour justifier ce choix, il affirme que « le risque politique est aujourd’hui majeur » en déclarant : « Avec l’extrême droite, il n’y a pas seulement un risque d’instabilité sociale, mais également un risque économique, écologique et social. » Bien qu’il soit le seul représentant de France Assureurs à s’exprimer publiquement jusqu’à présent, il ajoute que « se taire à ces moments précis, c’est déjà prendre position ». Sa prise de parole a été décidée collégialement et à l’unanimité avec la direction générale et le conseil d’administration de la Maif.
Dangers de l’extrême droite sur le secteur associatif et l’écologie
Le président de la Maif pointe également des dangers sur le plan budgétaire si Marine Le Pen ou Jordan Bardella accédaient au pouvoir, notamment pour le secteur associatif. Il rappelle qu’« plus de 12.000 emplois associatifs ont été détruits en un an » et que certains élus fortement influencés par l’extrême droite proposent déjà des coupes budgétaires.
De plus, il évoque « un autre danger » représenté par les effets du dérèglement climatique, étant étroitement liés à « cette société de la performance avide des énergies fossiles que l’extrême droite soutient ». Yves Pellicier souligne que la Maif ne cédera pas à ses engagements, notamment celui du dividende écologique créé il y a quatre ans. Ce dispositif, d’un montant de 18,3 millions d’euros l’année passée, représente 10 % du résultat net de l’assureur et vise à financer « des solutions en faveur de la régénération de la nature et d’actions en faveur des sociétaires les plus impactés par le dérèglement climatique ». Il argumente que « rien ne nous interdit demain, si le besoin se présentait, d’agir avec ce dividende ou avec un autre outil pour flécher ce que l’on veut faire avec une partie de nos résultats ».
Pour justifier sa prise de position, Yves Pellicier estime qu’il s’agit de « redonner de l’espoir » car « une énorme partie du récit de l’extrême droite est fondée sur la peur, le recroquevillement, la fermeture des frontières et d’autres sujets très anxiogènes ». Concernant certains patrons qui supposent que le Rassemblement national serait plus fréquentable qu’auparavant, il reste sceptique : « Quand on voit les prises de position affirmées au niveau de l’Europe, le soutien affiché à la politique de Trump, leur programme économique oscillant entre renationalisation et ultralibéralisme, leur opposition aux énergies renouvelables… », la méfiance demeure selon lui.
