Au fil des décennies et des progrès de l’électroménager, lavande, Fabulon et muscs ont façonné notre idée de ce que doit sentir le propre. L’odeur du propre, celle que l’on veut douce et confortable sur la peau, celle qui rappelle les parfums de l’enfance et des habits d’écoliers fraîchement lavés, a beaucoup changé au fil des siècles. Historiquement, il y a la lavande, dont les pétales séchés servaient à parfumer le linge. Son nom viendrait d’ailleurs de « lavare » (laver) et aurait ainsi donné naissance à l’activité de « lavandière ». Prisée pour son odeur herbacée et propre, l’eau de lavande servira, dès le XIXe siècle, à parfumer l’eau de la toilette, utilisée comme une Cologne en ablution pour les femmes et en après-rasage pour les hommes.
Les produits emblématiques
Plus tard, il y eut le savon de Marseille, mélange de soude et d’huile végétale nettoyé à l’eau de mer, contenant parfois du néroli ou du citron. C’était au temps où l’on nettoyait son linge à la lessiveuse en zinc avec planche à laver. L’arrivée de l’électroménager a eu momentanément la peau de l’emblématique savon ; aujourd’hui, il fait office de parfum vintage aux lessives modernes.

Byredo / Guerlain / Frédéric Malle
Au rayon parfumerie aussi, l’odeur du propre a suivi l’évolution des méthodes de nettoyage. Ainsi, L’Interdit de Givenchy, imaginé dans les années 1950, est l’un des premiers parfums à saisir l’odeur d’un pressing chic avec ses aldéhydes métalliques façon fer à repasser. Ce sont ces mêmes aldéhydes que l’on retrouve fusants dans Blanche de Byredo pour évoquer le contact de la peau avec une chemise blanche repassée, et cristallins dans le parfum Acne Studios par Frédéric Malle (350 € les 100 ml), où ils sont associés aux muscs blancs.
Les muscs et leur impact
L’apparition des muscs dans les détergents à partir des années 1960 a changé la donne. Dès lors, ce sont eux qui deviennent synonymes de propreté, de fraîcheur lumineuse, d’un certain confort souple et enveloppant. Dans son Eau de Coton pour Guerlain (215 € les 100 ml), calibrée pour les « clean girls » des réseaux sociaux, la parfumeur Delphine Jelk a ainsi utilisé un duo d’amande et de note de fleur d’oranger dans un sillage de muscs ouatés afin d’évoquer « un coton propre fraîchement séché par le soleil ».

Manchester Daily Express / SSPL via Getty Images
