Jean-Pierre Dagos, un ancien policier de 58 ans, a été condamné le mercredi 25 mars 2026 à 12 ans de prison pour avoir violé à deux reprises, dans son bureau au commissariat de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), une femme qui était venue porter plainte pour violences conjugales. La cour criminelle a souligné le « préjudice psychologique indéniable » subi par la victime, ainsi que « le préjudice causé à l’institution judiciaire, policière », tout en tenant compte de la prise de conscience « sincère, authentique et profonde » de l’accusé.
L’affaire a débuté lorsque Dagos a imposé, le 22 février 2023, une fellation à une Angolaise, sans titre de séjour, qui avait déposé une plainte contre son conjoint. Quelques jours plus tard, il a de nouveau convoqué cette femme, qui est aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années, et a réitéré ses actes. L’avocate de la victime, Naïma Nezlioui, a exprimé sa satisfaction quant à la peine prononcée, précisant que Dagos devait également verser 40.000 euros pour préjudice sexuel et moral.
Au cours du procès, l’ex-policier a reconnu avoir été « dégueulasse » et « entièrement responsable de tout ça ». Le procès a également mis en lumière des abus commis sur d’anciennes compagnes, dont l’une a qualifié Dagos de « prédateur sur le plan sexuel », et plusieurs de ses collègues ont dénoncé des comportements à connotation sexuelle.
La défense de Jean-Pierre Dagos a insisté sur ses aveux et son passé. Son avocate a déclaré : « Tout en lui suinte la honte », en ajoutant qu’il était « cet homme qui marmonne, qui ne fait que marmonner, qui n’arrive pas à parler car toute son enfance on lui a appris à se taire. » Leurs arguments ont été appuyés par un examen détaillé de l’enfance traumatisante de Dagos.
Né dans une famille de onze enfants avec un père alcoolique et extrêmement violent, Dagos a lui-même été victime d’abus sexuels de la part de l’un de ses frères entre l’âge de quatre et neuf ans, puis par son professeur de judo lors de son adolescence. À l’âge de douze ans, il a découvert que son oncle, qui vivait avec eux, était en réalité son père.
Publié le , le procès de Jean-Pierre Dagos a soulevé de nombreuses questions sur la sécurité des victimes au sein du système judiciaire, et particulièrement celle des femmes se rendant au commissariat pour demander de l’aide.
