Les Bleus affrontent l’Espagne en match amical au Mans, jeudi à 20 heures. Ce sera la première rencontre avec leur nouveau sélectionneur Talant Dujshebaev.
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Un début face à son ancienne sélection
Hasard du calendrier, c’est contre son ancienne sélection que Talant Dujshebaev va diriger son premier match en tant que sélectionneur de l’équipe de France, contre l’Espagne, jeudi 19 mars à 20h. Naturalisé espagnol en 1995, le technicien d’origine kirghize est le premier sélectionneur étranger des Bleus depuis 1958. Un francophile convaincu, il a même nommé l’un de ses fils « Daniel » en hommage à Daniel Costantini, l’homme qui a propulsé le handball français vers les sommets.
Une prise de fonction chargée d’émotion
Avec une excitation palpable, Talant Dujshebaev a revêtu pour la première fois les équipements bleus de l’équipe de France lundi, à la Maison du handball à Créteil, lors de l’ouverture de son premier rassemblement. « Ça a été un choc quand Monsieur le Président de la fédération, Philippe Bana, m’a appelé. Je n’y ai pas cru. C’est un cadeau du ciel. La France est si grande dans le handball que je n’aurais jamais imaginé avoir cette opportunité. C’est un rêve et en même temps une responsabilité », a-t-il confié lors d’une conférence de presse.
De l’humilité, donc, pour celui qui affiche un palmarès impressionnant : champion olympique, champion du monde et deux fois meilleur joueur du monde dans les années 1990, sans oublier ses quatre Ligues des champions entre 2006 et 2016. C’est sur cette base que la fédération l’a choisi pour remplacer Guillaume Gille.
Réactions à sa nomination
La nomination de Talant Dujshebaev n’est pas sans controverse. 7Master, le groupement des entraîneurs professionnels en France, a regretté une « absence de dialogue et de transparence » dans cette décision, notant que « les entraîneurs responsables des clubs français ayant eu une très forte expérience des compétitions européennes n’ont jamais eu l’objet, depuis 2017, de propositions de candidatures au poste de sélectionneur de l’équipe de France ».
La nécessité d’un changement
Philippe Bana a tempéré ses critiques : « Il n’y a rien contre les entraîneurs français, seulement, quand vous voulez gagner les JO en 2028, il faut quelqu’un pour amener de l’électricité dans un groupe arythmique. J’ai eu cette impression au mois de janvier à l’Euro. Je voulais quelqu’un qui soit au cœur du réacteur nucléaire de la haute performance, et ça restreint les choix. »
Une opportunité unique
Jérôme Fernandez, ancien capitaine des Bleus, a ajouté : « Avoir Talant Dujshebaev comme sélectionneur est une opportunité difficile à laisser passer. On n’a pas d’équivalence au niveau des entraîneurs français en termes d’expérience, de savoir-faire et de palmarès. » Bien que son ancien collègue Patrice Canayer aurait pu être un choix, il a récemment mis un terme à sa carrière d’entraîneur.
Une vision pour l’avenir
En évoquant son parcours, Dujshebaev a comparé ses expériences passées : « C’est comme si vous alliez en Formule 1 avec une Ferrari ou une Fiat Uno. Je suis très reconnaissant envers les fédérations polonaise et hongroise, mais la France, c’est un autre niveau. » Cette métaphore a provoqué des rires dans l’assemblée.
Reconnaissant l’importance de cette nouvelle fonction, il a déclaré : « Imaginez un enfant qui a grandi en URSS, en République du Kirghizistan, qui aime beaucoup l’histoire de France, qui a lu tous les livres d’Alexandre Dumas, de Maurice Druon, de Guy de Maupassant… Représenter ce pays, c’est quelque chose que personne ne peut imaginer. »
L’apprentissage du français
Bien qu’il soit francophile, Talant Dujshebaev n’est pas encore francophone. Il dirige actuellement ses séances d’entraînement en espagnol, assistant de son adjoint Guillaume Joli, pour l’aider à faire passer ses consignes. Il a promis d’apprendre le français d’ici le Mondial en 2027 : « Il est déterminé à apprendre le français. On a déjà commencé quelques heures de cours particuliers à Kielce en Pologne. »
Son bagage international et sa connaissance des cultures de jeu étrangères devraient lui permettre d’apporter une vision nouvelle : « Il devrait apporter ses cultures espagnole et russe, avec un jeu plus organisé et collectif, alors que notre culture française est plus axée sur l’individualisme. »
Dans un des premiers entraînements, il a déjà observé des aspects à améliorer suite à l’Euro : « Ça prouve qu’il a été très attentif à cette équipe de France ces derniers temps. »
