Deux jeunes hommes, âgés de 20 et 22 ans, ont été arrêtés mardi près de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais) avec une arme, des produits chimiques pouvant servir à la confection d’explosifs ainsi qu’un drapeau du groupe État islamique. Lors de leur garde à vue, ils ont reconnu avoir « nourri depuis quelques semaines » un projet d’attaque violente.
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Faute de pouvoir partir en Syrie ou en Palestine, ils ont déclaré « aspirer au martyr » en France. Ces deux frères, soupçonnés d’avoir nourri un projet « mortifère et antisémite », ont été présentés le dimanche 15 mars à un juge antiterroriste et ont été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et détention d’arme de catégorie B en relation avec une entreprise terroriste.
L’aîné, Elyasse H., âgé de 22 ans, est étudiant en école d’ingénieur. Le cadet, Moad H., 20 ans, est sans emploi. Tous deux sont de nationalités italienne et marocaine. Ils ont été interpellés mardi à l’aube dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat).
Dans leur véhicule, les policiers du commissariat de Saint-Omer ont découvert une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d’acide chlorhydrique et de l’aluminium, des produits pouvant servir à la confection d’engins explosifs, ainsi qu’un drapeau de l’organisation jihadiste État islamique (EI). Le Pnat a pris en charge l’affaire, constatant que ces deux frères, arrivés en France avec leurs parents en 2017 après plusieurs années passées en Italie, avaient consulté depuis plusieurs mois une « abondante propagande jihadiste ».
En garde à vue, les deux frères ont reconnu « nourrir depuis quelques semaines », face à l’impossibilité de partir mener le jihad en Syrie ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr. « L’exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans », a déclaré le parquet.
Quelques jours avant leur interpellation, « leur engagement jihadiste et (les) démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi » ont connu « une nette intensification », a souligné le ministère public, indiquant que cela laissait présager de l’imminence d’un passage à l’acte violent, après « des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à la recherche d’armes de poing ou de fusils d’assaut ».
Lors de la perquisition au domicile des deux frères, les policiers ont retrouvé plus de 7.000 euros en espèces. Avant d’être placée en garde à vue, leur mère a tenté de cacher une arme de 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches), selon le parquet. Cette mesure a été levée samedi, même si l’enquête se poursuit pour soustraction de l’objet d’un crime.
