L’enquête pour « incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence » vise désormais neuf personnes. Selon les informations de Franceinfo, elle cible notamment Nicolas Féraud, le président de la commune.
Publiée
Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
/2026/03/09/000-94p37a2-69ae8c38b1983883801672.jpg)
Les investigations s’élargissent. Le parquet du canton suisse du Valais a annoncé, lundi 9 mars, avoir placé cinq responsables et anciens responsables de la commune de Crans-Montana sous instruction pénale dans le cadre de l’enquête sur l’incendie d’un bar qui a fait 41 morts et 115 blessés dans la nuit du Nouvel An. Le ministère public valaisan n’a pas souhaité fournir plus de précisions. Mais selon une source proche du dossier à Franceinfo, Nicolas Féraud, le président de la commune, fait partie de ces nouvelles personnes soupçonnées. Cette même source précise qu’il sera entendu en tant que prévenu le 13 avril.
Quatre autres personnes, actuels ou anciens responsables de la commune, seront entendues par la justice suisse. Il s’agit de l’ancien conseiller communal en charge de la sécurité publique de 2021 à 2024, de l’ancien responsable de la sécurité en protection incendie et de son adjoint, et d’un membre de l’équipe de sécurité publique actuelle. Ils sont accusés d’incendie par négligence, d’homicide par négligence et de lésions corporelles graves par négligence.
Au total, l’enquête vise désormais neuf personnes dont les propriétaires français du bar, l’actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana et son prédécesseur. L’enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les responsabilités, la commune ayant déjà reconnu l’absence de contrôles dans le bar depuis 2019 alors qu’ils doivent être effectués tous les ans.
Quelques jours après l’incendie meurtrier, le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, avait admis un « manquement » aux contrôles périodiques sécurité et incendie du bar ravagé par le feu. « Les contrôles périodiques n’ont pas été effectués de 2020 à 2025. Nous le regrettons amèrement », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse, sans pouvoir expliquer pourquoi les inspections n’ont pas été faites.
Le président de la commune avait exclu de démissionner, affirmant qu’il ne « quitterait pas le navire pendant la tempête ». Depuis, les affirmations de Nicolas Féraud ont été remises en question, notamment par l’actuel responsable sécurité incendie et son prédécesseur. Lors de leurs auditions les 6 et 9 février, auxquelles Franceinfo a eu accès en exclusivité, ils avaient assuré que « les élus de la commune étaient tous au courant » et avaient pointé notamment Nicolas Féraud.
Selon les informations de Franceinfo, il fait par ailleurs l’objet d’une plainte de la part de plusieurs victimes pour des « manquements gravissimes ». Les cinq responsables et ex-responsables de la commune, ainsi que le propriétaire du bar Jacques Moretti, doivent être entendus par le ministère public entre les 7 et 15 avril, selon une source proche de l’enquête à Franceinfo. Le 7 avril, ce sera la troisième fois que Jacques Moretti sera interrogé sur le fond du dossier.
