Ugo Bienvenu vient de remporter deux Césars avec son film entièrement dessiné en 2D. À 38 ans, il a été distingué pour le meilleur long-métrage d’animation et la meilleure musique originale. Réalisateur et dessinateur de bande dessinée, Bienvenu s’indigne de l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle (IA) dans le cinéma, la qualifiant de faux bon outil.
Publié , cet article expose ses réflexions sur l’IA et ses implications pour l’industrie cinématographique.
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(ALAIN JOCARD / AFP)
Un plaidoyer contre l’IA
Bienvenu s’alarme du recours croissant à l’IA, affirmant : « C’est pas un outil« , s’indignant, « c’est comme si on voulait, parce qu’on avait une super béquille, se scier la jambe. » Pour lui, l’imagination est « un muscle » qui peut se gripper, et il met en garde contre le danger d’une intellect affaibli, déclarant que l’enjeu dépasse la question des emplois, touchant à ce qui fait de nous des humains.
Cette prise de position va à l’encontre de l’Académie des Oscars, qui a mis à jour ses règles pour considérer l’IA comme un simple outil, au même titre que les effets spéciaux. Les films en compétition peuvent l’utiliser, à condition de respecter le degré de contribution humaine dans le processus créatif.
Les réflexions sur l’avenir du cinéma
Un aspect controversé de cette évolution est l’utilisation de l’IA dans des films comme The Brutalist et Dune: Deuxième partie, où l’IA a été utilisée pour améliorer certaines caractéristiques des personnages. Des courts-métrages d’animation comme Ahimsa et All Heart, qui ont été soumis aux Oscars, ont ouvertement revendiqué leur recours à l’IA, bien qu’ils n’aient pas été nommés.
Le film Arco d’Ugo Bienvenu raconte l’histoire d’un petit garçon venant d’un futur où l’humanité vit en harmonie avec la nature, loin des machines et de l’IA. Bienvenu souhaite encourager la génération actuelle à imaginer d’autres voies possibles.
Lors d’un déjeuner avec les nommés aux Oscars, il a ressenti une certaine solidarité parmi ses pairs, notant que « tout le monde est à peu près raccord« , avouant son impression que l’IA est imposée de force.
Un appel à la prise de conscience
Plus de 800 artistes, incluant Scarlett Johansson et Guillermo Del Toro, ont co-signé une lettre ouverte accusant les géants de l’IA de « vol« , soulignant les dangers de cette technologie dans le milieu artistique. Del Toro, qui dénonce cette évolution depuis plusieurs années
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