Selon une enquête Ipsos-BVA-Cegis Ecole d’ingénieurs pour ICI Paris Île-de-France, Emmanuel Grégoire rassemble 35 % des intentions de vote exprimées en vue du premier tour des municipales à Paris. Il devance Rachida Dati (27 %), Pierre-Yves Bournazel (11,5 %), Sarah Knafo (11,5 %) et Sophia Chikirou (10 %).
Un aperçu des tendances électorales
Si le premier tour des municipales avait lieu dimanche prochain, quelle liste serait celle pour laquelle il y aurait le plus de chances que vous votiez ? À l’approche du scrutin, organisé les dimanches 15 et 22 mars, plusieurs tendances se confirment d’après l’enquête Ipsos BVA pour Ici Paris Île-de-France publiée ce mardi 3 mars.
Selon ce sondage, la liste menée par Emmanuel Grégoire (PS / Écologistes / PCF) rassemble 35 % des intentions de vote exprimées en vue du premier tour, devant celle conduite par Rachida Dati (LR / MoDem / UDI), à 27 %.
Dans le cadre des municipales, en vue d’un second tour, seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés sont autorisées à se maintenir. D’après le sondage Ipsos BVA, la liste menée par Pierre-Yves Bournazel (Horizons / Renaissance) réunit 11,5 % des intentions de vote, tandis que celle de Sarah Knafo (Reconquête) atteint également 11,5 %, et celle menée par Sofia Chikirou (LFI) 10 %.
Au second tour, les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent fusionner avec une autre qui a obtenu plus de 10 %. La liste conduite par Thierry Mariani (RN) rassemble 4 % des intentions de vote, tandis que celle de Marielle Saulnier (LO) atteint 0,5 % et celle conduite par Blandine Chauvel (NPA-R) atteint également 0,5 %.
Analyse des intentions de vote
Stéphane Zumsteeg, directeur du département « Politique et Opinion » à Ipsos BVA, voit dans ces intentions de vote « un match à deux qui se confirme entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, avec une avance significative de 8 points pour Emmanuel Grégoire, même si ce n’est pas rédhibitoire pour Rachida Dati« .
Il ajoute que Pierre-Yves Bournazel et Sofia Chikirou, « tous deux dans la zone des 10 % qui permet de se maintenir« , « semblent pâtir d’un réflexe de vote utile dans l’électorat, respectivement à droite et à gauche« . À l’extrême droite, Sarah Knafo « occulte massivement la campagne de Thierry Mariani« , dit-il.
On peut se retrouver avec trois, quatre, cinq listes. Retraits, soutiens, fusions… Tout peut arriver.
Stéphane Zumsteeg, directeur du département « Politique et Opinion » à Ipsos BVA
« Une très grande incertitude se profile pour le second tour, difficile d’imaginer l’offre politique. La configuration n’est pas claire. On peut se retrouver avec trois, quatre, cinq listes. Retraits, soutiens, fusions… Tout peut arriver« , résume Stéphane Zumsteeg.
Réformes et implications des suffrages
Suite à une récente réforme de la loi « PLM » (« Paris-Lyon-Marseille »), deux scrutins distincts et simultanés sont instaurés à Paris, avec des bureaux de vote dédoublés : l’un pour élire les conseillers d’arrondissement (qui élisent ensuite parmi eux les maires d’arrondissement), l’autre pour élire les conseillers de Paris (chargés de choisir le ou la maire de Paris).
Pour le Conseil de Paris, qui rassemble 163 élus, la prime majoritaire est fixée à 25 % (contrairement aux arrondissements où elle reste fixée à 50 %) : la liste arrivée en tête du second tour obtient ainsi 25 % des sièges, les 75 % restants étant répartis à la proportionnelle.
« Le nouveau mode de scrutin tend à renforcer la personnalisation de la campagne, donc à faire davantage émerger des ‘figures’ qu’auparavant« , analyse Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. À la lecture de ce sondage « qui confirme les dernières tendances, sans grande révélation« , le politologue décrit également « un second tour extrêmement ouvert où tout dépendra des configurations« .
« Emmanuel Grégoire semble avancer dans les derniers mètres par rapport à de précédents sondages« , note-t-il, évoquant un « possible effet de vote utile » pour l’électorat LFI, au bénéfice des socialistes, alors que Paris semble pouvoir passer à droite.
Popularité des candidats et soutiens à des mesures
Au-delà des intentions de vote, l’enquête Ipsos BVA s’intéresse aussi à la popularité des différents candidats. 40 % des personnes interrogées estiment qu’Emmanuel Grégoire ferait un bon maire, tandis que 42 % pensent le contraire. Concernant Rachida Dati, 40 % jugent qu’elle ferait une bonne maire, alors que 55 % y sont opposés.
Stéphane Zumsteeg voit dans ces résultats « le sentiment d’une personnalité plus clivante pour Rachida Dati, avec une image plus abrasive, ce qui pourrait susciter plus de rejets au second tour« .
L’enquête examine également le soutien à différentes mesures. La plus populaire est la « mise en œuvre de restrictions supplémentaires pour les propriétaires mettant leur logement en location sur des plateformes de location de courte durée« , qui suscite 72 % de réponses favorables.
On trouve ensuite « l’instauration d’une cantine gratuite dans les écoles publiques pour les milieux les moins favorisés » (65 % de réponses favorables), « la construction de davantage de logements sociaux » (63 %), « l’abrogation de la limitation à 50 km/h de la circulation sur le boulevard périphérique et son retour à 70 km/h » (61 %), « l’armement de la police municipale » (57 %), ou encore « la construction de nouvelles pistes cyclables » (55 %).
Stéphane Zumsteeg met l’accent sur « le périphérique, l’armement de la police, et les nouvelles pistes cyclables« , estimant qu’il s’agit des « trois mesures les plus importantes de l’enquête« . « Le reste est plus logique et attendu« , juge-t-il, citant les cantines.
Il rappelle que « le degré d’adhésion aux différentes mesures, plus marqué à gauche ou à droite, est souvent lié aux intentions de vote« . Pour la mesure concernant les cantines gratuites, 87 % des personnes exprimant l’intention de voter pour la liste d’Emmanuel Grégoire y sont favorables, contre 46 % côté Rachida Dati. Quant à l’armement de la police municipale, 30 % des premiers y sont favorables, contre 88 % des seconds.
On comprend pourquoi on se retrouve avec un match serré.
Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Yves Sintomer observe un « large consensus sur les grandes transformations de Paris menées lors des deux dernières mandatures sur les questions de verdissement, de pistes cyclables, et de logement« , au-delà des clivages, malgré les polémiques sur la gestion de la ville par Anne Hidalgo et son équipe, dont Emmanuel Grégoire a fait partie en tant qu’adjoint. En parallèle, des « problématiques de sécurité et de propreté sont mises en avant par une partie des Parisiens« .
Concernant les intentions de vote, Ipsos BVA précise que pou
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