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Invité de La Matinale, Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération des cinémas français, revient sur la baisse de fréquentation des salles en 2025. Selon lui, cette diminution s’explique principalement par l’absence de blockbusters américains et français capables d’attirer un large public. Cependant, il souligne que 2026 s’annonce déjà comme une année exceptionnelle, avec des films français et étrangers qui attirent de nouveau les spectateurs en salle.
Analyse de la tendance de la fréquentation
France Info : On observe déjà une baisse de fréquentation dans les cinémas. Pouvez-vous rappeler le chiffre que vous nous avez communiqué ?
Baptiste Morin : Oui, effectivement, la fréquentation est en baisse. En 2025, nous étions autour de 157 millions de visiteurs, ce qui représente une diminution d’environ 14 % sur un an. Toutefois, cette baisse est surtout notable si l’on compare avec la période pré-Covid, où les entrées dépassaient régulièrement les 200 millions.
Cela vous inquiète-t-il ? Avez-vous pu identifier les causes de cette baisse pour envisager des solutions ?
Marc-Olivier Sebbag : Tout à fait. Il faut replacer cette diminution dans le contexte de 2025 par rapport à 2024, une année exceptionnelle. En 2024, certains films ont dépassé les 10 millions d’entrées, comme Monte Cristo, Un Petit Truc en Plus, ou encore L’Amour Ouf. Ces trois films français ont cumulé à eux seuls 25 millions d’entrées. L’économie du cinéma fonctionne par cycles de production, et en 2025, tant les films américains que français ont connu un recul pour des raisons très différentes. Nous n’avons pas eu les blockbusters capables d’attirer un public massif, ce qui explique cette baisse.
C’est donc cette absence de grands succès qui explique la chute de la fréquentation ?
Exactement. Mais il y a une bonne nouvelle : le cycle s’inverse en 2026, qui s’annonce déjà comme une année exceptionnelle. Depuis début décembre, le nombre d’entrées au cinéma a fortement augmenté. En décembre, nous avons atteint un niveau comparable à celui d’avant la crise du Covid. L’été 2025 avait été un peu compliqué, ce qui était prévisible, mais la reprise observée en fin d’année est très satisfaisante. Cette hausse s’explique par la sortie de films américains très attendus.
Angèle Chatelier : Cela est lié à la levée des grèves des scénaristes aux États-Unis, n’est-ce pas ?
Oui. On a également constaté un « embouteillage » de sorties en décembre avec des blockbusters très attendus comme Avatar 3 ou Zootopie 2. Ces films, bien que non français, ont permis au public de revenir en salles.
Et la bonne nouvelle supplémentaire, c’est que les films français sortis sur cette période, et également en janvier, dépassent les attentes. Par exemple, L’Affaire Bojarski a réuni plus de 1,5 million de spectateurs et reste à l’affiche, tandis que le documentaire Le Chant des Forêts, tourné dans les Vosges, a dépassé 1,2 million d’entrées.
Inquiétudes et perspectives
En tant que membres de la Fédération Française des Cinémas, ne reste-t-on pas inquiet ? Si les blockbusters américains font défaut, les salles pourraient être en danger malgré le succès de certains films français. Cela ne pousse-t-il pas à repenser le cinéma de demain ?
Cela oblige effectivement à réfléchir à l’avenir de la fréquentation. Néanmoins, la France reste le premier pays d’Europe en termes de fréquentation depuis de nombreuses années, et figure dans le top 3 mondial. Les Français aiment aller au cinéma : environ 40 % des entrées concernent des films français, autant pour les films américains. Ainsi, il n’existe pas de domination d’un cinéma sur l’autre. Les spectateurs continuent d’avoir accès à tous types de films, du populaire au plus artistique.
Le soutien politique au cinéma
Antoine Comte : La situation est un peu complexe. Le budget global de la culture pour 2026 a été réduit de 200 millions d’euros, et le départ de la ministre de la Culture laisse planer une certaine incertitude. Son successeur devrait être la conseillère culture du président, mais rien n’est encore officiel. Concernant le cinéma, la ministre sortante avait mis en place des initiatives pour favoriser l’éducation au cinéma et à l’image, notamment via les sorties scolaires, afin que les enfants puissent avoir un accès régulier aux salles obscures.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
