Pour la première fois, Laurence des Cars, ex-directrice du musée du Louvre, qui vient de céder son fauteuil, revient à la télévision sur le cambriolage et les incidents qui ont ébranlé l’institution ces derniers mois.
Après sa démission mardi soir, le « 20 Heures » reçoit en exclusivité Laurence des Cars, qui aura présidé durant quatre ans le musée du Louvre. Face à Léa Salamé ce mercredi 25 février, la conservatrice s’exprime pour la première fois à la télévision sur le cambriolage qui a fait la une du monde entier, mais aussi sur les grèves salariales au sein de l’établissement, et sur son départ, accepté par Emmanuel Macron, « une décision vraiment personnelle », dit-elle.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Léa Salamé : Vous avez donc présenté votre démission hier soir au président de la République. Il l’a acceptée. C’est une démission sous la contrainte, vous n’aviez plus le choix ?
Laurence des Cars : Non, c’est une décision vraiment personnelle, prise en responsabilité. Je pars parce que je n’ai plus les moyens d’avancer et de porter la transformation du Louvre. Je pars parce que si je restais, je gérerais le statu quo, l’état existant, alors qu’il faut avancer. Et puis, après quatre mois de tempête, très rudes, où j’ai tenté, et j’espère, à peu près essayé de tenir la barre de ce grand navire, il faut évidemment passer à autre chose que simplement garder le cap. Il faut avancer dans la transformation et la rénovation du Louvre, et je souhaite que mon successeur puisse avoir les moyens de le faire.
Est-ce que vous avez été poussée vers la sortie par la ministre de la Culture Rachida Dati, qui ne vous a pas épargnée ces dernières semaines ?
Non, ce n’est pas du tout une question de personne. Ce qui est important ici, c’est l’attention et le soutien que le Louvre doit obtenir. Vous savez, le président de la République a annoncé, il y a un peu plus d’un an, au Louvre même, un grand projet de transformation et de rénovation appelé Louvre Nouvelle Renaissance, qui fera du Louvre l’équivalent de tous ces grands musées qui se rénovent aujourd’hui, le British Museum à Londres, le Metropolitan Museum à New York… Il ne faut pas que le Louvre entre dans une phase de déclassement. C’est extrêmement important. Donc il faut le soutenir.
Au cœur de votre démission, il y a donc le casse du Louvre le 19 octobre dernier, qui a fait la une du monde entier. Est-ce que vous vous sentez responsable, comme patronne du Louvre, de ce cambriolage ?
Je prends ma part de responsabilité en tant que dirigeante, mais n’oublions pas que les coupables, les commanditaires, sont toujours dehors. Ce qu’ont révélé ce vol et cette matinée dramatique du 19 octobre, ce sont des fragilités structurelles que je n’ai cessé de porter sur la place publique depuis ma prise de fonction. J’avais mis à nu, en quelque sorte, les fragilités du Louvre, alerté, j’ai dit la vérité. Et l’ironie terrible du casse du 19 octobre, c’est qu’il se produit au moment où nous étions en train de lancer le grand schéma de rénovation de la sécurité du Louvre. Donc c’est une ironie terrible.
Donc vous avez le sentiment d’avoir tout fait, tout ce que vous pouviez faire pour éviter ce genre de cambriolage ?
Absolument. Nous avons porté cette rénovation avec beaucoup d’attention, de précision, mais malheureusement, le temps nous a rattrapés.
Le commando de quatre personnes a été arrêté, les commanditaires n’ont toujours pas été arrêtés, les bijoux sont introuvables. Vous pensez qu’on les retrouvera un jour ?
Moi, je garde absolument l’espoir et j’ai toute confiance dans l’équipe d’enquêteurs. Je voulais les saluer à votre antenne, parce que je sais qu’ils travaillent d’arrache-pied pour retrouver ces bijoux qui reviendront un jour.
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