L’hommage rendu samedi 21 février à Quentin Deranque a réuni plus de 3.200 personnes dans les rues de Lyon. L’événement était très encadré par la police, mais également par les organisateurs, qui avaient lancé un message de non-récupération politique. France Télévisions a décrypté les images et gestes au sein du cortège, notamment la présence de membres de la galaxie de l’ultra-droite.
Analyse du rassemblement
Ils se tiennent flambeaux à la main, devant une banderole d’hommage à Quentin Deranque. Vingt-quatre heures après la marche, qui se tenait samedi 21 février, France Télévisions a voulu analyser de plus près le rassemblement. L’ordre avait été donné de ne porter aucun signe distinctif. Pourtant, des gestes et des paroles font désormais l’objet d’un signalement, tel qu’un salut nazi.
La préfecture a également saisi la justice pour des insultes racistes et homophobes. L’hommage a souvent repris des codes et des rituels fréquents dans les milieux identitaires, comme une mise en scène avec un chant contre-révolutionnaire de 1793 ou encore un cri de ralliement analysé par un spécialiste. « Lyon, le meilleur, c’est un cri de ralliement médiéval, c’est un chant de ralliement très utilisé dans les milieux identitaires lyonnais », décrypte Jean-Yves Camus, directeur de l’observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean Jaurès.
Figures de l’ultra-droite présentes
À la tête du cortège se trouvaient des figures de groupuscules d’ultra-droite. Parmi eux, Yvan Benedetti, ancien président de l’Œuvre française, un mouvement pétainiste et antisémite dissous, condamné à plusieurs reprises et exclu du Front national. Parmi les membres du service d’ordre, Marc de Cacqueray-Valmenier, ancien dirigeant des Zouaves Paris, un groupuscule néonazi, récemment condamné en appel à six mois de prison ferme aménageables sous bracelet électronique pour des violences sur des militants de SOS Racisme. Raphaël Ayma, porte-parole du groupuscule identitaire Tenesoun, était également présent.
Surveillance du rassemblement
Le rassemblement était surveillé de près par les autorités, parfois à l’aide de drones ou d’agents aux abords de la marche. « Il y avait des gens qui sont venus pour se recueillir, puis il y a des gens de la mouvance ultra-droite qui se sont rassemblés. C’était aussi l’occasion pour nos collègues des renseignements de suivre l’évolution et la capacité de mobilisation de ces groupes« , indique Thierry Clair, le secrétaire général du syndicat UNSA-Police.
Ces visages de l’ultra-droite, dont le nombre exact est inconnu, se sont mêlés aux citoyens. Au total, 3.200 personnes se sont rassemblées à Lyon hier.
