Le chef de l’Etat a demandé jeudi à la Première ministre italienne d’arrêter de « commenter ce qui se passe chez les autres » après ses propos sur la mort de Quentin Deranque. Ce drame a ravivé les tensions entre la France et l’Italie, suscitant des réactions des deux côtés de la frontière.
Publié le 20/02/2026 à 11:01 | Mis à jour le 20/02/2026 à 11:08
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Emmanuel Macron, qui avait appelé, jeudi 19 février, les responsables politiques à éviter « tout engrenage de la violence » et à « faire le ménage dans leurs rangs », a relancé les tensions franco-italiennes en critiquant la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Meloni, leader d’extrême droite, a écrit sur X : « la mort d’un garçon d’à peine plus de 20 ans, attaqué par des groupes liés à l’extrémisme de gauche dans un climat de haine idéologique qui se répand dans plusieurs pays, est une blessure pour l’Europe entière. » Elle a affirmé que c’était « un fait grave qui nous concerne tous. » Ces commentaires ont également été renforcés par le ministre italien des Affaires étrangères.
L’uccisione del giovane Quentin Deranque in Francia è un fatto che sconvolge e addolora profondamente.
La morte di un ragazzo poco più che ventenne, aggredito da gruppi riconducibili all’estremismo di sinistra e travolto da un clima di odio ideologico che attraversa diverse… pic.twitter.com/F7vzDhT9X8
Ces propos ont agacé Emmanuel Macron. « Je suis toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux, sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres. » a déclaré le chef de l’Etat depuis New Delhi, en marge d’une visite officielle en Inde. « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés. »
Le bureau de la Première ministre italienne a réagi jeudi avec « stupéfaction » aux propos du président français. « Je suis désolée que Macron » ait interprété ces commentaires comme une « interférence. » Meloni, réputée proche de Donald Trump, a également bénéficié du soutien de l’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal, qui a déclaré sur X : « Emmanuel Macron n’a pas la culture politique pour comprendre que l’assassinat d’un jeune de droite par l’extrême gauche a une résonance particulière. »
Le président est aussi ciblé par le reste de la droite. Bruno Retailleau des Républicains estime qu’Emmanuel Macron se montre trop laxiste en appelant les partis politiques, sans citer personne, à « faire le ménage. » « En mélangeant les uns et les autres, ça lui évite de désigner le coupable : la Jeune Garde et LFI. Ce parti a quitté le champ républicain depuis bien longtemps. » a accusé l’ancien ministre de l’Intérieur.
Après la mort du militant identitaire, Emmanuel Macron avait appelé « au calme, à la retenue et au respect », alors que dans moins d’un mois auront lieu les élections municipales, au risque de constater que sa voix pèse moins.
