La France tente de convaincre ses partenaires européens de revoir les règles d’indemnisation chômage des travailleurs frontaliers. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, est actuellement à Chypre pour participer à un conseil des ministres de l’Union européenne. Son objectif est de persuader ses homologues européens de modifier le système concernant l’assurance-chômage, notamment pour les transfrontaliers.
Publié le 12/02/2026 à 08:28 | Mis à jour le 12/02/2026 à 08:30
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Selon une directive européenne, lorsque les travailleurs perdent leur emploi, ils doivent être pris en charge par le pays où ils résident. Pour la France, cela signifie que les résidents français travaillant en Suisse, Belgique ou Luxembourg sont indemnisés par France Travail lorsqu’ils sont licenciés.
Cependant, cette règle coûte très cher à l’organisme public. Chaque année, la France perd près de 800 millions d’euros à cause de cette situation. Les dépenses sont importantes car les indemnisations versées par France Travail sont calculées sur la base des rémunérations souvent bien plus élevées en Suisse, Belgique et Luxembourg.
En moyenne, en 2023, les travailleurs frontaliers en Suisse touchaient 2.600,00 euros mensuels d’indemnités chômage, contre seulement 1.200,00 euros pour les demandeurs d’emploi ayant travaillé sur le territoire français. Cela crée une disparité significative entre les deux groupes de chômeurs.
Pour modifier cette règle européenne, il faut obtenir l’accord des autres pays à la majorité. Cependant, de nombreux pays voisins n’ont pas vraiment intérêt à soutenir une telle mesure. Néanmoins, cela fait plusieurs années que le gouvernement français cherche à ajuster le système, et Jean-Pierre Farandou espère cette fois convaincre ses homologues, notamment parce que la France a besoin de réduire ses dépenses.
Dans cette optique, les partenaires sociaux sont également appelés à durcir les règles de l’assurance-chômage, mais cette fois-ci en ce qui concerne les ruptures conventionnelles, un dispositif permettant aux salariés et employeurs de se séparer d’un commun accord. L’objectif là serait de réaliser 400 millions d’euros d’économies par an.
